À Chicago, le Musée de l'Holocauste d'Illinois fait appel aux technologies futuristes pour perpétuer les témoignages du passé.

L'hologramme de Aaron Elster, aujourd'hui disparu, répond aux questions des visiteurs
L'hologramme de Aaron Elster, aujourd'hui disparu, répond aux questions des visiteurs © Robert F. Kusel.

Toutes celles et ceux qui ont entendu témoigner les survivants de la Shoah se souviennent certainement de la puissance de ces récits pour prendre conscience de l’horreur qu’a représentée cette période de l’Histoire. L'Holocaust Memorial Foundation de l’Illinois veut garder intact ces témoignages.

L'objectif de l'hologramme : continuer à faire exister le témoin disparu sur scène

Comme la plupart des rescapés sont maintenant très âgés, on est en droit de se demander ce qui se passera lorsqu’il n’y aura plus personne pour témoigner et raconter aux jeunes générations la réalité de la Seconde Guerre mondiale. L’Holocaust Memorial Foundation de l’Illinois, a apporté une forme de réponse en se servant des hologrammes.

Quelques jours après la disparition de son vice-président Aaron Elster, 86 ans, qui était bénévole au musée depuis 1980, on pouvait l’apercevoir assis sur une chaise, vêtu d’un pantalon kaki et d’une chemise bleue, sur la scène de l’auditorium du musée. Il racontait à une dizaine de collégiens présents dans la salle les deux années qu’il avait passées à se cacher des Nazis dans la campagne polonaise.

L'hologramme répond aux questions des visiteurs

Lorsque les collégiens posaient des questions, il leur répondait patiemment, se remémorant le froid glacial, la peur, la solitude. Grâce à une  technologie d’hologramme 3D, Aaron Elster n’a pas seulement émerveillé cette jeune assemblée habituée aux nouvelles technologies, il l’a surtout profondément émue. 

Une technologie qui a vu le jour grâce à Steven Spielberg

Connue sous le nom de New Dimensions in Testimony ("Des témoignages sous de nouvelles dimensions"), cette technologie d’hologramme interactif a été développée en partenariat avec l’USC Shoah Foundation, une organisation fondée par Steven Spielberg. Aaron Elster est allé à Los Angeles où il a été filmé de longues heures, racontant son histoire et répondant à d’innombrables questions devant des centaines de caméras.

Cette technologie est impressionnante, mais elle est encore perfectible : l’image sursaute un peu et les témoins répondent parfois à une autre question que celle qui leur est posée. Mais elle présente aussi des avantages : les visiteurs n’ont pas peur de poser des questions trop personnelles et d’offenser les hologrammes !

La lutte contre les discours de haine

Le musée et ses différentes expositions temporaires soulignent l’importance des personnes qui, comme Nelson Mandela, Elie Wiesel ou Malala, militent pour les droits de l’Homme dans le monde. Le musée donne aussi aux visiteurs des conseils pour qu’ils deviennent acteurs de leur propre vie : comment tenir tête aux brutes, prendre un avocat, ou encore lancer des pétitions. 

C’est très important pour le Musée d’étendre sa portée au-delà de l’histoire de l’Holocauste pour lutter contre les discours de haine, les fake news et l’ignorance galopante qui touchent en particulier la jeunesse. Une étude publiée en 2018 soulignait en effet que deux tiers des millennials américains, c’est-à-dire des personnes ayant aujourd’hui entre 25 et 35 ans, n’ont jamais entendu parler d’Auschwitz.

Aujourd’hui, plus de 25 personnes ont été enregistrées par l’USC Shoah Foundation dans le but de transmettre leur histoire.

Plus d'explications avec Emma Stokking de l'agence Sparknews au micro d'Emmanuel Moreau

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.