En Inde, un professeur s’est attaqué à la corruption dans son pays avec de faux billets. Il a fait imprimer des billets de zéro roupie. Ils sont donnés aux fonctionnaires par les familles quand ils leurs demandent des pots de vin. Depuis l'initiative a été reprise par une ong qui l'a développée à plus grande ampleur.

Billet de zéro Rupêe
Billet de zéro Rupêe © 5th pillar

Cette idée de traiter le mal par le mal, on la doit à un professeur de physique indien lassé d’être confronté  aux demandes de pots de vin dans son pays. Alors pour  lutter contre la corruption il a donc imaginé un faux billet de banque à l'intention des fonctionnaires qui demandaient des pots de vin.

La corruption est monnaie courante en Inde : face à la lenteur des services publics, pour l’obtention du permis de conduire ou d’une carte d’électeur par exemple, beaucoup d’Indiens sont tenus par les fonctionnaires d’engager « des frais cachés » pour accélérer les démarches. D’après Transparency International, en 2010, 54% des foyers indiens admettaient avoir dû verser des pots-de-vin à des agents du service public pour l’accès à des services de base dans les 12 mois. 

L'idée a été reprise par  l’ONG indienne 5th Pillar, dont le nom indique le pouvoir du peuple dans la démocratie. En 2007, elle a voulu tester le potentiel de ces faux billets en faisant imprimer 25 000 billets de zéro roupie pour les distribuer à des étudiants du Tamil Nadu, un État du Sud de l’Inde. Le succès a été tel que depuis, plus de deux millions et demi de billets ont été imprimés dans tout le pays. Un grand réseau de plus de 14,000 bénévoles les distribuent là où les fonctionnaires exigent souvent des pots-de-vin, à proximité des gares ferroviaires ou des hôpitaux publics par exemple.

 Il est évidemment très difficile d’évaluer l’impact de cette pratique sur la corruption à l’échelle du pays, mais les nombreux témoignages recueillis par l’association 5th Pillar sont très encourageants : de plus en plus de citoyens montrer leur désapprobation et certains fonctionnaires mettent même en évidence le billet de zéro roupie dans leur bureau pour informer le public qu’ils ne sont pas corrompus.

 Les explications d'Emma Stokking de l'agence Sparknews au micro d'Emmanuel Moreau

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.