Deux jeunes sœurs d’origine irakienne veulent faire évoluer la littérature jeunesse.

Mena et Zena Nasiri se mobilisent pour plus de diversité dans les bibliothèques
Mena et Zena Nasiri se mobilisent pour plus de diversité dans les bibliothèques © Getty / Independent Picture Service

Mena et Zena Nasiri sont toutes les deux passionnées de lecture. Pendant leur enfance à Rochester, dans l’Etat du Michigan, aux Etats-Unis, les histoires pour enfants étaient un peu toujours les mêmes : un chevalier blanc qui arrive sur son beau cheval, pour terrasser un dragon et libérer une princesse, souvent blonde aux yeux bleus.. 

A l'école primaire, elles découvrent l'absence de diversité dans les livres

C’est à l’école primaire que le problème de la diversité dans les livres leur a sauté aux yeux. Ce jour là, on leur donne un devoir : choisir une figure historique et écrire sa biographie. Étant nées dans une famille irakienne, les deux sœurs se disent que c’est l’occasion parfaite pour partager l’histoire d’une femme musulmane influente.

Pas d’héroïne musulmane

Mais lorsqu’elles vont à la bibliothèque de l’école en quête de livres d’histoires, de biographies de personnes célèbres, elles en trouvent peu consacrés aux femmes d’obédience musulmane. Impossible de faire leur devoir.

Dépoussiérer les bibliothèques municipales

Quelques années plus tard, les deux sœurs découvrent The Lines We Cross de Randa Abdel-Fattah, un roman qui met justement en avant un personnage féminin musulman nommé Mina. Zena et Mena réalisent alors que c’est la première fois qu’elles lisent un livre où figure un personnage ayant la même origine culturelle qu’elles, bref, un personnage auquel elles peuvent vraiment s’identifier. Elles  se disent qu’il est temps de dépoussiérer les bibliothèques municipales pour y mettre plus de diversité culturelle ! 

Un premier fond de 200 livres

Elles commencent par contacter l’association de parents et leur école. C’est un succès : en quelques jours ,elles peuvent acheter plus de 200 livres présentant des personnages de toute origine sociale, culturelle et religieuse. 

Les filles du Croissant

Mena et Zena ne s’arrêtent pas là : quelques mois plus tard, elles décident de créer l’association Les Filles du Croissant pour diffuser cette diversité culturelle autour d’elles et faire en sorte qu’il y ait plus de livres mettant en scène des femmes musulmanes dans les bibliothèques des Etats-Unis.

Ecrire leur propre livre 

Aujourd’hui, grâce à leur association, les jeunes filles âgées de 15 et 17 ans ont fait don de livres à de nombreuses bibliothèques aux Etats-Unis, au Maroc, en France et même en Chine. Leur ambition est désormais d’écrire leur propre livre, le fameux ouvrage consacré à l’histoire de femmes musulmanes influentes qu’elles n’avaient pas pu trouver dans leur bibliothèque quand elles étaient en primaire… En somme, elles veulent terminer leur devoir inachevé...

Emma Stokking de l'agence Sparknews au micro d'Emmanuel Moreau

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