Une jeune société montée par une fille d’agriculteur s'attaque au gaspillage alimentaire. Elle le combat jusque dans les champs.

Une startup pour ne plus devoir  jeter les legumes hors calibres
Une startup pour ne plus devoir jeter les legumes hors calibres © Getty / Westend61

En Bretagne, une fille d’agriculteur a décidé de sortir du rang et de se retrousser les manches pour éviter le gaspillage alimentaire.

Fruits et légumes invendables 

Magali Duramé, avec sa société Foodologic, s’intéresse aux fruits et légumes dits invendables, c’est-à-dire ceux jugés trop petits qui échappent aux normes imposées, ou ceux en excèdent, qui sont refusés par la grande distribution ou les circuits traditionnels. Dans les deux cas, ces fruits et légumes sont détruits ou reste à pourrir dans les champs. 

Créer un nouveau circuit court

Magali Duramé, avec sa start-up, se donne les moyens de mettre en relation les agriculteurs, les industriels, les restaurateurs. "Le but c’est de créer une nouvelle filière, un nouveau circuit court", lance-t-elle avec ambition. Et ce n’est pas parce qu’elle a travaillé pendant 15 ans dans la grande distribution qu’elle découvre le secteur et ses difficultés. "L’univers agricole n’est pas nouveau pour moi. J’ai grandi dans une famille d’agriculteurs où il n’était pas question de jeter. On congelait, on transformait les produits pour les conserver, rien ne se perdait", reprend-elle. "J’ai rapidement compris que 50 % du gaspillage alimentaire vient des fruits ou des légumes", explique-t-elle. 

Un site de rencontre pour fruits et légumes 

Elle a donc mis en place pour Foodologic un cahier des charges précis qu’elle propose aux différents professionnels afin de faire coïncider offre et demande, aux meilleurs prix avec un meilleur bilan carbone. Agriculteurs, conserveries, restaurateurs... Ils sont déjà une quinzaine d'inscrits pour se vendre et s'acheter les denrées concernées. 

"C’est comme un site de rencontre mais pour des fruits et des légumes", s’amuse-t-elle. Sa plateforme pour végétaux devrait permettre de sauver plusieurs centaines de tonnes de fruits et légumes en 2020, selon ses premières estimations.

En Bretagne 

Pour l’heure, si l’on en croit Magali Duramé, la formule séduit. "Je reçois beaucoup de candidatures très diverses", assure-t-elle. Elle ne dessert que la Bretagne pour le moment, mais prévoit de monter en puissance en 2020. D’ici là, l’application va être améliorée mais restera un outil pour les professionnels. Un déploiement national est également prévu, la concurrence étant encore faible dans le domaine.

Plus d'explications avec Pierre Zéau du Figaro Demain au micro d'Emmanuel Moreau 

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