Une société française se spécialise dans le transport à la voile de marchandises pour moins polluer. Elle affrète de vieux gréements en attendant de construire son propre voilier.

Les vieux gréements reprennent du service pour transporter les marchandises
Les vieux gréements reprennent du service pour transporter les marchandises © Getty / Bernard Annebicque /

Les chiffres du secteur sont impressionnants. 90 % des marchandises transitent par les océans, ce qui génère environ 3% du total des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Et l’ OMI, l’ organisation maritime internationale, prévoit une augmentation de 50 à 250 % de l’activité  d’ici à 2050 selon les scénarii. Fort de ce constat, les acteurs se mobilisent et tournent leurs regards vers le fret à la voile . C’est ainsi que la société française Towt, Transoceanic Wind, affrète des bateaux à voile qui pensaient finir leurs jours en transportant des touristes.

Quatre vieux gréements

Pour l’instant, elle  fait naviguer quatre vieux gréements dont la taille s’échelonne de 20 à 40 mètres. « On affrète des bateaux en capacité de transporter 10, 200 ou 300 tonnes de marchandises » précise Guillaume le Grand président de Towt. Ces bateaux  relient les ports entre l’Angleterre, le Portugal, la Scandinavie, la France mais ils traversent aussi l’Atlantique.

Du rhum, du thé, du chocolat

La société achète des produits pour son compte. Elle a même crée un label. Il s’appelle Anémos, ce qui signifie « vent » en grec.  Celui-ci permet de valoriser ces marchandises  qui naviguent à la force du vent. . Ainsi dans les cales, on trouve des tablettes de chocolat, du rhum de République dominicaine, mais aussi des paquets de café , du thé des Açores le tout labellisé.  

Ils sont ensuite vendus dans sa boutique  à Douarnenez en Bretagne ou en ligne. Mais, ses bateaux transportent aussi  d’autres denrées pour des enseignes. C’est par exemple le cas avec  Biocoop et le vin portugais, la bière ou l’huile d’olive.  Des entreprises du CAC 40, mais aussi des restaurateurs ou des détaillants disent être séduits par la démarche.  « On offre une solution concrète aux entreprises qui souhaitent diminuer leur empreinte carbone et répondre aux attentes des consommateurs » aime à dire Guillaume le Grand.

Le cap est donné

Même si l'activité de Towt est une goutte d'eau, l’initiative donne le cap. En 2016 l’entreprise a transporté 120 tonnes de marchandises, puis 180 en 2017 et 220 l’année dernière. Ce qui a permis d’économiser 300 tonnes de gaz à effet de serre. C’est faible au vu des 10,5 milliards de fret transportés l’an passé par plus de 5000 porte-conteneurs , mais cela ne décourage pas Guillaume le Grand : il a lancé la construction d'un voilier moderne de 67 mètres qui devrait prendre la mer en 2021.

Mathilde Gaudechoux du Figaro demain au micro d'Emmanuel Moreau

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