Une société loue des abeilles pour polliniser les vergers. Le constat est alarmant, les abeilles sont décimées et notamment en France par divers facteurs. Les apiculteurs mettent clairement en cause l’utilisation de certains pesticides comme les désormais célèbres néonicotinoïdes.

Abeille
Abeille © Getty / Philippe Lejeanvre

Résultat, certaines parcelles, notamment des vergers, ont toutes les peines du monde à produire d’importantes récoltes, faute de pollinisation suffisante.

Elevage d'abeilles spécifiques

Contre ce fléau, la société Osmia élève des abeilles particulières, solitaires, qui ne produisent pas de miel mais sont de grandes pollinisatrices, plus efficaces que les abeilles mellifères.

"L'abeille maçonne"

Ces abeilles appartiennent à une espèce d'abeille sauvage, appelée également "abeille maçonne" car elles sont actives tôt au printemps et sont souvent associées à la pollinisation des arbres et arbustes fruitiers. Elles ne vivent pas en ruche, ne produisent pas de miel, mais elles sont championnes de la pollinisation des cultures.

La start-up assure que son seul apport est de « maîtriser un cycle naturel, de ne rien changer et de respecter la nature. Nous introduisons simplement les abeilles au moment opportun, dès les premières floraisons, pour que la pollinisation se fasse au mieux », indique Franck Mariambourg. Le co-fondateur et président d'Osmia ajoute que les abeilles avaient déjà été utilisées artisanalement par certains agriculteurs dans d’autres pays « nous sommes pionniers pour notre capacité à les élever en quantité et à les apporter sur une parcelle au moment voulu ».

Des cocons conservés en chambre froide

Ils mettent en place des boites, des sortes d’abris, pour que les abeilles s’y installent et pondent leurs œufs. Durant la saison, les abeilles se nourrissent, pollinisent les parcelles ciblées puis elles viennent pondre leurs larves dans les lieux dédiés. A la fin de la saison, de la floraison, la société récupère les cocons, elle les trie, sépare les males des femelles, les nettoie puis les conserve en chambre froide pendant l’hiver. Puis la start-up guette les premiers signes du retour des beaux jours, là elle réactive la transformation des larves en abeilles grâce à la chaleur, et ce, de manière très précise à quelques heures près. Puis elle les lâche sur les parcelles où elle a installé ses abris au préalable… et ainsi de suite. Chaque année, elle récupère plus de larves et peut ainsi faire grossir son cheptel d’abeilles d’année en année.

La nature n'est plus en mesure de vivre par elle-même

cette année, elle intervient sur environ 600 hectares, en Rhône-Alpes et dans le Sud-Ouest, mais aussi pour la première fois dans les pommiers à cidre de Normandie. La technique permet d’améliorer les rendements des vergers et ces intrants sont complètement compatible avec l’agriculture biologique. Les fondateurs du groupe assurent en outre que leur solution ne déséquilibre pas les écosystèmes. Pour Gilles Lanio, président de l’UNAF, fédération des apiculteurs : « ça peut être une solution mais ce qui est grave c’est que cela prouve que la nature n’est plus en mesure de vivre par elle-même ». Ce dernier craint en outre que la solution soit récupérée par des grands groupes et qu’elle soit commercialisée avec d’autres produits destructeurs. Selon lui, il faut davantage agir à l’origine du problème et restaurer un environnement naturel et sain pour les abeillesC

Les explications de Mathide Golla du Figaro demain au micro d'Emmanuel Moreau

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