Une grand-mère sénégalaise se bat avec d’autres femmes pour sauver la mangrove du delta du Saloum. Elle plante des palétuviers depuis des années pour maintenir la pêche et protéger le littoral.

Sauver la magrove pour sauver l'activité de pêche
Sauver la magrove pour sauver l'activité de pêche © Getty / Barry Lewis

Pour lutter contre les effets de la sécheresse dans sa région, Yandé Dao a créé une fédération de femmes qui replantent patiemment les palétuviers. Un combat couronné de sucés.

Un vivier à poissons et crustacés

Cette grand mère s’appelle Yandé Dao. Elle vit dans la région du delta du fleuve Saloum située juste au nord de la Gambie, côté sénégalais. A l’embouchure de ce fleuve se trouve une magnifique mangrove, c’est à dire une forêt littorale constituée essentiellement de palétuviers. Celle-ci sert de vivier à poissons et crustacés et joue un rôle essentiel de protection des côtes face aux intempéries.

Des pécheurs sans poissons

Avec le changement climatique de nombreux pêcheurs de son village ont dû quitter la mangrove et se tourner vers la mer pour y trouver du poisson. Mais, le développement croissant de la pêche industrielle en mer a fait que les ressources se sont amenuisées un peu partout. Et malheureusement, la préservation de la mangrove est rendue particulièrement compliquée par les divergences d’intérêts, d’autant plus qu’elle se situe à la frontière du Sénégal et de la Gambie.

La securité alimentaire du village menacée

Voyant les dégâts occasionnés par le changement climatique Yandé Dao a estimé que le risque était suffisant pour agir. Pour préserver l’écosystème favorable aux poissons et aux coquillages, elle s’est donc lancée dans des activités de reboisement dès 1999, avec la constitution d’un Groupement d’Intérêt Economique de Femmes (GIEF) qui réunissait à l’époque 60 femmes. 20 ans après, cette infatigable militante continue à replanter des palétuviers pour préserver les mangroves du Delta et pour garantir un environnement vivable pour les générations futures.

Toujours active

On la voit régulièrement avec ses amies embarquer sur des petits bateaux à moteur en chantant, retrousser son pantalon et marcher sur les bancs de sable, seau à la main, pour repeupler de palétuviers et de coquillages ce vivier. Et son engagement ne s’arrête pas. Elle a également choisi de prendre le micro et d’utiliser la radio pour sensibiliser la population locale à la protection de l’environnement et aux conséquences du changement climatique. Elle est ainsi devenue animatrice sur Radio Nimbato FM pour vendre les mérites du reboisement de la mangrove sur les ondes.

Les explications d'Emma Stokking de l'agence Sparknews au micro d'Emmanuel Moreau

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