Une créatrice confectionne des bijoux, en forme de fleurs, à poser sur les appareils auditifs des personnes malentendantes. Une initiative née d'une histoire personnelle.

Un bijou pour surmonter les stigmates du handicap
Un bijou pour surmonter les stigmates du handicap © Sébastien Jourdan

Sur son lieu de travail, Nathalie Birault portait un badge pour indiquer qu'elle était malentendante. Ayant mal vécu cette expérience stigmatisante et source de malaise avec ses collègues, elle a décidé de transformer son appareil auditif en accessoire de mode.

Un double objectif

Nathalie, avec sa société Odiora, vise un double objectif. Elle veut rendre plus jolis les appareils auditifs mais aussi indiquer leur présence et par là même, le handicap.

Les gens vont d’abord voir l’accessoire, le regarder, m’en parler puis ensuite nous pourrons évoquer librement mon handicap, sans tabou. 

Elle pense qu’ainsi, ses interlocuteurs seront plus attentifs à leur façon de parler, ils feront par exemple attention de ne pas mettre leurs mains devant la bouche quand ils s'adresseront à des personnes portant ses bijoux.

Depuis l'âge de 12 ans

Elle a commencé tôt à customiser ses appareils dès l’âge de 12 ans. Puis lorsqu’elle a perdu totalement l’audition et qu’elle a dû passer aux implants cochléaires, c’est-à-dire à un dispositif électronique volumineux, elle a eu l’idée de créer des bijoux.

Des fleurs comme à Tahiti

Ces bijoux ressemblent à de grandes fleurs colorées, évoquant l'hibiscus. Nathalie s’est inspirée de ce qu’elle a découvert au cours d’un voyage à Tahiti où les femmes portent à l’oreille la fleur de tiare qui est un moyen de communication. Odiora commercialise aujourd'hui une dizaine de modèles.

Petites-filles et grands-mères

Ce sont principalement les petites filles qui se parent des ces bijoux et les grands mères qui ont envie d’être coquettes. Ces accessoires sont vendus entre 20 et 45 euros pièce. En 2 ans d’existence, ils ont séduit une centaine de clientes. « C’est le début, je dois aussi former les travailleurs en situation de handicap avec qui je suis en relation », affirme Nathalie Birault. Elle a en effet décidé de s’appuyer sur des établissements faisant travailler des personnes handicapées pour pouvoir honorer les commandes.

Prochaine étape : des accessoires pour les hommes.

Plus d'explications avec Mathilde Golla du Figaro demain au micro d'Emmanuel Moreau 

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