Les habitants du quartier du Busca au sud de Toulouse, depuis le mois d’avril, voient se multiplier les graffitis à la craie blanche sur leurs trottoirs. Une action menée par deux botanistes.

Des graffitis à la craie pour indiquer le nom des plantes des trottoirs de Toulouse
Des graffitis à la craie pour indiquer le nom des plantes des trottoirs de Toulouse © Getty / Zairi Azmal Bin Burham / EyeEm

On peut lire « pourpier maraîcher » ,« laitue sauvage » ou encore « Éleusine d'Inde ». Ces noms de plantes sont inscrits à la craie à même le trottoir.

"Les mauvaises herbes"

Ce sont en fait les noms de ces plantes qui poussent sur les trottoirs, qui s’insinuent dans les interstices, au pied des gouttières, d’un lampadaire, au milieu des gaz d’échappement et que l’on appelle communément "les mauvaises herbes".

Deux botanistes au bout de la craie

Ce sont deux botanistes qui sont à l'origine de cette initiative. L’un d’eux s’appelle Boris Presseq, il travaille au Muséum de Toulouse. Par ce geste, il veut attirer l’attention sur l’importance de la sauvegarde de la biodiversité et de la nature en milieu urbain. Car comme le  dit le Muséum, "toutes les mauvaises herbes ne sont pas à arracher". La démarche du botaniste se veut avant tout pédagogique, explique le Muséum. Et au bout du compte, sa façon de procéder plaît. Les habitants en redemandent. Il suffit pour s’en convaincre de comptabiliser le nombre de fois que les photos postées par les habitants ont été retweetées.

83 plantes différentes

Le botaniste, tel un professeur devant son tableau noir, a inscrit le nom de 83 plantes sauvages différentes, en 5 mois. Parmi elles, seulement quelques-unes sont comestibles, mais toutes sont utiles. Elles permettent à la fois de verdir la Ville rose et elles contribuent à faire baisser la température lors des fortes chaleurs. Tous ces graffitis à la craie ont la beauté de l’éphémère. Des les premières pluies, tout disparaît.

Un inventaire de la biodiversité urbaine

Le botaniste espère étendre son action à d'autres quartiers de la ville. D’autant qu’il connait bien tout ce qui pousse à Toulouse. Avec un de ses collègues, depuis 15 ans, il travaille sur la biodiversité de toute la ville. Tous les deux ont identifié plus de 800 espèces. Ce qui n’est pas exceptionnel selon le Muséum, puisque les municipalités n’ont plus le droit d’utiliser des produits phytosanitaires pour désherber.

Plus d'explications avec Pierre Zéau du Figaro demain au micro d'Emmanuel Moreau

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