Une école primaire cambodgienne propose à ses élèves de payer, dans un but éducatif et pratique, leurs frais de scolarité avec des déchets.

Au Cambodge, 11% des ordures sont recyclées, le reste est soit brûlé ou jeté dans les rivières, enfoui ou mis en décharge
Au Cambodge, 11% des ordures sont recyclées, le reste est soit brûlé ou jeté dans les rivières, enfoui ou mis en décharge © Getty / Pete Ryan

"Coconut School" est située dans le village de Roneah, sur une île à une quinzaine de kilomètres de la capitale Phnom Penh. Mais contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, les murs de cet école ne sont pas en bois local, ils sont constitués de pneus, de bouteilles et autres emballages collectés dans les environs.

Une école complémentaire

Créée en 2013, la "Coconut School" ne remplace pas l’école traditionnelle, elle vise à apporter un complément dans certaines matières comme l'anglais, le khmer, l'informatique et sa spécialité, la protection de l’environnement et le recyclage.

Un ancien directeur d’hôtel reconverti

Elle a été créée par un homme de 34 ans, Ouk Van Day, qui a décidé de quitter un poste de directeur d’hôtel pour se consacrer à l’éducation des enfants les plus pauvres du pays. Il a alors commencé à construire une école dont les tables et les chaises étaient faites en bois de noix de coco, d’où son nom.

De vieux pneus peints comme murs pour la classe d'anglais

Déjà à l’époque, il était peiné par la quantité astronomique de déchets déversés par la population de Phnom Penh dans la nature. Il a donc commencé à utiliser ceux-ci comme matériaux de construction pour son école : les bouteilles en verre alignées sont devenues des cloisons, les vieux pneus peints ont été assemblés pour former les murs de la classe d’anglais et des morceaux de bouteilles en plastique ont été découpés en forme de fleurs, peints et agencées pour former le drapeau du Cambodge à l’entrée de l’école. Seul le toit est construit avec des matériaux conventionnels. 

Collectes de déchets pour les élèves

L’école accueille aujourd’hui 200 élèves, dont de nombreux enfants des rues. Les professeurs sont bénévoles et elle fonctionne principalement grâce aux dons. En guise de frais de scolarité, les élèves doivent apporter chaque mois des déchets et un certain nombre d’activités de l’école consiste à trouver une seconde vie à ceux-ci en agrandissant l’école.

Une école flottante à partir des déchets d'un lac

D’autres écoles "Coconut" ont depuis été construites selon le même modèle dans d’autres régions du Cambodge. Ouk Van Day prévoit d’ouvrir d’ici 2022 une école flottante à partir des déchets d’un lac. Il souhaite aussi ériger une réplique du temple d’Angkor Vat en déchets pour en faire un musée des ordures.

Les explications d'Emma Stokking de l'agence Sparknews au micro d'Emmanuel Moreau

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