Pour lutter contre les atteintes faites aux jeunes filles, une ONG a mis en place, au Kenya, des "Talking Boxes" dans les écoles. Elles permettent de raconter par écrit ce qui se passe en tout anonymat.

Au Kenya des boites lettres ont été installées dans les écoles pour que les jeunes filles expriment les abus qu'elles subissent
Au Kenya des boites lettres ont été installées dans les écoles pour que les jeunes filles expriment les abus qu'elles subissent © Getty / PeopleImages

Des "talking boxes", qui sont un peu des boîtes à secret, ont été placées dans plus de 50 écoles du bidonville de Kibera par l’ONG Polycom Development. Kibera, à six kilomètres du centre de la capitale Nairobi, est le plus grand bidonville d’Afrique. Il compte entre 500 000 et un million d’habitants. La violence physique et morale y est omniprésente, en particulier envers les femmes.

Une ONG pour les femmes

Polycom Development a été fondée il y a 12 ans par la militante kényane Jane Anyango pour donner aux femmes de Kibera les moyens de se faire entendre. Dès le début de sa carrière, Jane a observé que les jeunes filles victimes de violences n’en parlaient quasiment jamais.

Sortir du silence

Ces boîtes à confidences donnent les moyens aux adolescentes d’exprimer ce qu’elles vivent, qu’il s’agisse d’abus sexuel, de violences physiques ou encore de harcèlement. La BBC rapporte ainsi qu’une de ces boîtes a aidé une adolescente de 14 ans à sortir de son silence.  

Décrire ses craintes et ses peurs 

Elle a pu mettre par écrit sa peur d’être victime de violences sexuelles lorsqu’elle sort de chez elle, la nuit pour aller aux latrines (il en existe une seule pour 50 foyers à Kibera), ou encore sa peur quand son père menace de la tuer lorsqu’il rentre ivre. Alors, quand les "talking boxes" sont arrivées dans son école, elle a pris une feuille et a commencé à écrire ce qu’elle vivait. Puis, elle l’a placée dans la boîte sans avoir besoin de révéler son identité.

Lecture des lettres en classe 

Chaque semaine, des bénévoles, formés par l’association Polycom, lisent les lettres à l’ensemble de la classe et donnent des conseils aux élèves. L’association organise parallèlement des réunions avec les parents pour discuter des violences domestiques

Partenariat avec d'autres ONG

Jane Anyango a également mis en place un certain nombre de partenariats avec d’autres ONGs pour apporter de l’aide juridique aux jeunes filles. Elle rejoint ainsi un mouvement de militantes féministes qui ont grandi à Kibera et qui se battent aujourd’hui pour aider les victimes de violences non seulement à porter plainte, mais aussi à combattre collectivement la corruption de la police.

Les explications d'Emma Stokking de l'agence Sparknews au micro d'Emmanuel Moreau

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