En Moselle, le jardin d'insertion des Restos du Cœur de Schorbach valorise ses plantations pour optimiser sa production et, ainsi, produire toute l'année tout en continuant à remettre ses jardiniers sur le chemin de l'emploi.

Pour faire face à la baisse des dons, en Moselle, Les Restos du Cœur optimisent la production directe de denrées alimentaires
Pour faire face à la baisse des dons, en Moselle, Les Restos du Cœur optimisent la production directe de denrées alimentaires © Getty / SDI Production / E+

Comme d’autres associations, les Restaurants du Cœur sont confrontés à une baisse des dons financiers.  

En 2019, l’association affichait une perte de plus de trois millions d’euros au regard de son budget prévisionnel. 

Cette dure réalité, qui se confirme d’une année sur l’autre, amène les Restos du Cœur à réagir en se diversifiant. Il en est ainsi au chantier d’insertion de Schorbach.

"Optimiser pour produire "

L’association montée par Coluche est implantée dans ce village de Moselle. Cette année, celle-ci va développer son activité de maraîchage pour les personnes en insertion au-delà de ce qu’elle faisait déjà. À l’origine, le centre de Schorbach avait son jardin, comme il en existe une quarantaine dans toute la France. 

Mais, comme le  déclare Jean-Claude Buhr, responsable de la structure : « Nous avions, certes, un jardin, mais il n’était pas optimisé pour produire ». 

Un calendrier de culture

Il a fallu revoir la façon de faire, ce qui signifie d'abord mieux utiliser l’espace. Pour optimiser la production, une serre a déjà été construite afin de faire face à la rigueur du climat en Moselle. Des professionnels ont accompagné cette démarche. Ils ont  établi un calendrier de production. Celui-ci sera appliqué tout au long de l’année par les treize personnes en contrat d’insertion.   

Des plantations plus robustes

Le travail a déjà commencé : le plan de culture prévoit, pour cet hiver, d’utiliser les mille mètres carré à la production de pommes de terre, de carottes, de navets, d’oignons, sans oublier les topinambours. Ce choix est délibéré et permet de réhabiliter les légumes anciens et surtout les plus robustes. Les légumes de l’atelier ne seront  pas commercialisés directement, mais distribués dans les centres des Restos du Coeur.

L'activité d'insertion demeure

Cette nouvelle orientation du jardin ne change en rien la mission première de l'atelier d’insertion. Il est là pour permettre aux personnes très éloignées de l’emploi de se rapprocher petit à petit du milieu professionnel. 

À l’atelier de Schorbach, où la moyenne d’âge est de quarante ans, beaucoup n’ont pas travaillé depuis très longtemps et doivent acquérir, du coup, des compétences très concrètes pour trouver un emploi en sortant. 

« Nous ne voulons pas tous les transformer en maraîchers, insiste Jean-Claude Burhr, mais leur apprendre les gestes du travail. C’est pourquoi, parallèlement, on les accompagne dans leur recherche d’emploi en organisant des simulations d’entretiens d’embauche, par exemple. Nous les aidons à établir un véritable projet professionnel ».

Plus d'explications avec Océane Herrero du Figaro Demain au micro d'Emmanuel Moreau.

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