La restauration est pointée du doigt en matière de gaspillage alimentaire. On gaspille beaucoup plus dans les restaurants que chez soi. La poubelle connectée est une des solutions pour limiter ce gaspillage

Gaspillage dans les cantines
Gaspillage dans les cantines © Getty / picture alliance / Contributeur

L'Ademe, l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, évalue à 1,33 million de kilos, le poids des déchets alimentaires, chaque année, dans la restauration professionnelle. Depuis la loi Egalim d’octobre 2019, la mesure et le traitement des bio-déchets par les restaurants qui en produisent plus de dix tonnes par an sont obligatoires. Des solutions voient le jour.

Déchet en cuisine, restes dans les assiettes

Des entrepreneurs ont inventé Easilys, une poubelle connectée. "On s’intéresse à tous les types de restauration, mais en particulier à la restauration collective", souligne Emmanuel Grelaud, l'un des trois cofondateurs. "Auparavant, les opérateurs devaient peser les sacs poubelles un à un afin de mesurer le gaspillage. Nous avons pensé qu’il pouvait y avoir une solution plus moderne", ajoute t-il. Easilys a le mérite de tout peser en temps réel : les déchets des cuisines comme les restes des consommateurs.

Des tables de tri communicantes

Au printemps, une cinquantaine de restaurants, principalement des lycées, sera équipée de ces poubelles. Les élèves vont devoir s’adapter à de nouvelles pratiques. Des tables de tri communicantes seront installées dans la salle de restauration collective, celles-ci évalueront, au retour des plateaux, les bio-déchets. Ainsi un élève qui n’aura pas touché à ses épinards pourra connaitre la quantité de biomasse produite à cause de lui. Il réalisera ainsi le gaspillage dont il se rend lui-même responsable sans en avoir forcément conscience. Cette mesure va probablement inciter les scolaires à mieux choisir leurs aliments et peut-être en moindre quantité.

Chaque étape mesurée

Plusieurs analyses sont réalisées. Une autre poubelle est placée en cuisine. Elle enregistre les pertes occasionnées lors de la phase  préparatoire des repas. Une autre encore analyse ce qui est perdu à la fin du service, c’est-à-dire ces plats qui ont été produits en trop grande quantité par exemple. Cette collecte de données présente l’avantage de transformer ces informations en coûts. Les restaurateurs  connaissent ainsi leur manque à gagner occasionné par le gaspillage. 

En mettant le nez dans la poubelle, Easilys promet aux professionnels d’économiser, au final, près de 16% sur le prix de chaque assiette. 

Plus d'explications avec Océane Herrero du Figaro demain au micro d'Emmanuel Moreau

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