Un éleveur des Yvelines relance des races d’animaux d'élevage en voie de disparition. Il élève dans sa ferme des bovins mais aussi des poules et des cochons. Il lutte contre la standardisation génétique et préserve ainsi la diversité alimentaire indispensable.

A la différence d'autres races de bovins, tous les morceaux de la Auroch sont utilisés
A la différence d'autres races de bovins, tous les morceaux de la Auroch sont utilisés © Getty / Bloomberg

Peut-être le nom de Aurochs, ne vous dit rien. Et pourtant il s’agit d’une race de vaches préhistoriques,  qui est entrain de disparaître. Eric  Sanceau, un ancien cavalier de classe internationale,  qui a sa ferme près de Rambouillet dans les Yvelines, met tout en œuvre pour conserver l’espèce.

L 'ancêtre de nos vaches actuelles

Ce n'est pas simplement le goût si particulier de cette vache qui mobilise Eric Sanceau.  «On ne peut pas laisser s'éteindre des races», affirme t-il. Et d’ajouter : « Je trouve dommage de laisser gagner la standardisation de la génétique, cela signe la perte d'un patrimoine qui a aussi une valeur gustative"

Des vaches bichonnées

Ces ancêtres de nos vaches ne ressemblent pas pour autant à des mammouths. .Ce sont de superbes bovins aux cornes impressionnantes. Ils ont quasiment disparu. Tous les morceaux des Aurochs sont de qualité à la différence des autres races à viande où les parties arrières sont recherchées, les autres délaissées. Sur place, à la ferme de la  petite Hogue, les bêtes sont bichonnées. Elles écoutent de la musique classique toute la journée « pour les apaiser et les habituer à la voix des hommes ». Dès que possible, les animaux vont aux prés et sont nourris toute l'année uniquement au foin cultivé sur la ferme...

Alimentation locale

En plus de son élevage de vaches, il a sauvé aussi de l'extinction la poule de Houdan et il s’intéresse maintenant à certains cochons....

La qualité de sa viande attire les grands chefs et quelques boucheries parisienne très suivies. Mais, ce fervent défenseur de l'alimentation locale n'oublie pas de fournir quelques boucheries et grandes surfaces à côté de son élevage. 

Tous les jours des plantes et espèces disparaissent

Vendredi dernier la FAO mettait en garde contre la diminution drastique de la biodiversité dans l’agriculture. Elle précisait que tous les jours ce sont des espèces ou des plantes qui disparaissent et qui ne pourront jamais être retrouvées. Ce qui peut conduire à des pénuries alimentaires graves comme ce fut le cas en Irlande au milieu du 19eme siècle lorsque la pomme de terre qui servait de nourriture de base aux paysans a disparu de l’île. Par son action Eric Sanceau limite ce risque.

Les explications de Mathilde Golla du Figaro demain au micro d'Emmanuel Moreau

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