Le programme Social Farming permet à des personnes en grande précarité de s’épanouir dans les activités maraîchères. De plus en plus de fermiers irlandais participent à ce programme.

L agriculture sociale en Irlande rencontre un franc succés
L agriculture sociale en Irlande rencontre un franc succés © Getty / Maren Teltenkötter / EyeEm

Ce programme a été lancé en 2014. A l’époque, 20 agriculteurs se portent volontaires pour accueillir 66 personnes atteintes de troubles mentaux et les faire travailler dans leurs fermes pendant un an.

Inquiétude pour les paysans

Chaque participant vient avec son accompagnateur qui le suit tout au long de son séjour. Le projet financé par une aide de l’Union Européenne est piloté par James Kinsella. De taille moyenne, le front dégarni et doté d’une généreuse moustache rousse, ce professeur au Département d’Agriculture et de Sciences Agronomiques de l’Université de Dublin était impatient de voir comment ce programme déjà en place en Belgique et au Pays-Bas allait fonctionner dans son pays. Il était inquiet car, contrairement à ses homologues belges ou hollandais, James n’avait pas suffisamment de budget pour payer les agriculteurs. Il craignait que ce soit un énorme obstacle.

Une autre vision du monde rural

Et c’est pourtant l’inverse qui s’est produit : le nombre de propositions d’accueil au bout du compte est trois fois plus nombreux que les demandes ! Et tout le monde est gagnant. En effet, en donnant un rôle thérapeutique aux paysans, les zones rurales sont vues autrement : elles deviennent des lieux où s’expérimentent de nouvelles thérapies et de nouveaux modes d'inclusion sociale. Quant aux bénéficiaires qui vivent au grand air pendant un an dans une ferme à taille humaine, au contact de la nature et des animaux, ils se sentent valorisés dans leur activités . 

Moins de stress à la ferme

Ces nouvelles présences ne posent pas de difficultés. Dans le comté de Sligo, un éleveur de chèvres du nom de John Normandy a même accueilli six bénéficiaires et leurs accompagnateurs. L’un d’entre eux était malentendant, un autre était en fauteuil. John a créé des passages adaptés sur son terrain pour faciliter leurs déplacements. Prenant son rôle de formateur très à cœur, John a ralenti la cadence pour s’adapter à leur rythme, et il prétend que cela l’a beaucoup aidé à réduire son niveau de stress. L’accueil a été étendu à d'autres personnes fragilisées.

Soutien de plusieurs ministères

Le programme ayant des impacts sur la santé, l’emploi et l’éducation, James Kinsella demande maintenant le soutien du ministère de l’Emploi et de l’Éducation. Son objectif : passer de 100 à 1000 fermes !

Plus d'explications avec Emma Stokking de l'agence Sparknews au micro d'Emmanuel Moreau

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.