Un jeune brasseur d'Amiens réalise une bière à partir de vieux pains.

Dans la Gasper 30% du malte  est remplacé par du pain
Dans la Gasper 30% du malte est remplacé par du pain © Getty / Roberto Machado Noa

Hugo Laudren a 26 ans. Il a décidé de  changer le monde à coup de pinte. Ce jeune entrepreneur travaille depuis  plus d’un an sur la mise au point d’une toute nouvelle bière qui va  limiter le gaspillage alimentaire. L’ingrédient  mystère qu’ajoute Hugo à son breuvage est du pain.

Lutter contre le gaspillage du pain

Depuis  plusieurs centaines d’année la recette est connue des brasseurs, mais  Hugo innove en récupérant les pains invendus. Cela marque un changement  d’époque. Sa révolte contre  le gaspillage alimentaire trouve sa justification dans les rapports de  l’Ademe qui constate que 300.000 tonnes de pain sont jetées chaque  année.

Cavistes, restaurants

Plusieurs fois  par semaine, il fait le tour de quelques boulangeries d’Amiens où il vit. « Au début, j’avais peur de ne pas en avoir assez  pour faire ma bière, mais très vite j’en ai eu trop » se souvient il. Le surplus il le redistribue à des associations.  « Je  me suis ensuite rapproché d’une brasserie pour savoir si mon projet les  intéressait. Ils ont dit oui et aujourd’hui ils sont très investi »  ajoute Hugo. Le bouche a oreille aidant, sa  bière est maintenant disponible  chez 2 cavistes, dans une épicerie fine,  et cinq restaurants.

Stage au Quebec

Ce besoin de s’attaquer au gaspillage lui est venue lors d’un séjour  comme stagiaire à Montréal. Il ne roulait pas sur l’or, tout comme son  colocataire. Celui-ci faisait des plongées  dans les poubelles pour se trouver de la nourriture et ramenait des  montagnes de cagettes de fruits et légumes qu’ils cuisinaient le soir.  Ils ont ensuite fait de même avec les bagels qu’ils récupéraient dans  une chaine de restaurant des alentours. C’est ainsi  qu’Hugo a touché du doigt  la réalité du gaspillage alimentaire.

1500 litres brassés

Pour sa bière Gasper 1500 litres ont déjà été brassés de cette façon,  et Hugo entend bien conserver ce mode de fabrication. 150 kg de pain ont ainsi déjà échappé à la poubelle sans compter la  quantité donné aux associations. 

Hugo jusqu’à maintenant partageait son  temps entre la fabrication de sa bière et  un métier de coursier pour vivre. Mais là c’est  décidé :   il va  s’adonner totalement à la boisson pour sauver le monde. 

Plus d'explications avec Pierre Zéau du Figaro demain au micro d'Emmanuel Moreau

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