A Amiens, les feuilles des 50 000 arbres sont utilisées pour produire de l’électricité mais aussi du compost, ce qui permet de chauffer les foyers de tout le centre-ville.

Feuille morte dans une rue
Feuille morte dans une rue © Getty / Adam Davies

Amiens développe une politique particulièrement ambitieuse pour la gestion de ses  déchets verts. Parmi les différentes actions menées, il en est une qui, même si elle a lieu toute l’année, connait un pic en automne : le ramassage des feuilles mortes par les agents de la voirie. Grâce à un partenariat avec une usine locale de méthanisation, du réseau EDF et le service espace vert de la municipalité, les feuilles des 50 000 arbres de la cité sont utilisées pour produire de l’électricité mais aussi du compost. 

Combien faut il ramasser de kilos de feuille pour transformer celles-ci en déchets utiles ? 

À Amiens, les aspirateurs des agents de la voirie avalent 500 tonnes de feuilles chaque année. Celles-ci une fois ramassées sont d’abord stockées dans plusieurs lieux de la ville puis elles sont triées dans une usine de méthanisation picarde, Idex Environnement, dirigée par Gontran Delemaere. Elles ne vont pas  toutes subir le même sort, toutes ne sont pas traitées de la même manière. Les feuilles les plus "propres", généralement celles ramassées dans les parcs et jardins, sont transformées en compost…  

Et les autres, c’est-à-dire celles récupérées dans les rues, sur la route, sont la plus part du temps abîmées, souillées et bien souvent mélangées avec du plastique ou des morceaux de verre. Ces lots partent dans des digesteurs, où ils sont transformées par les bactéries et produisent du biogaz. Celui-ci est ensuite injecté dans des moteurs. Il faut compter  une quarantaine de jours pour  que les feuilles mortes se transforment en énergie avant de se retrouver  dans le réseau EDF. 

A Amiens, la collecte des feuilles mortes permet de chauffer plus de 4000 foyers dans la ville (ce qui correspond à l’équivalent du centre-ville). 

On peut parler d’économie circulaire ?

Absolument, avec en plus un impact positif sur les personnes en charge de la collecte. Ramasser les feuilles est indispensable car autrement elles obstruent les avaloires, elles peuvent aussi rendre la chaussée glissantes ou en cas de pluie occasionner des chutes sur les trottoirs. Et dans le cas présent le ramassage n’est plus une tache "vaine" pour les personnes qui ramassent. Mais l’impact est aussi économique comme l’explique Pierre Zéau, journaliste au Figaro demain au micro d'Emmanuel Moreau

D’autres villes en France se réservent leurs feuilles. Metz par exemple les transforme en engrais,  et qui sait, celui-ci  servira  peut être à faire pousser de nouveaux arbres.

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