Un bûcheron grenoblois a décidé de nettoyer les cours d'eau de son département de façon originale pour sensibiliser les pouvoirs publics.

Un bûcheron grenoblois a décidé de nettoyer les cours d'eau de son département de façon originale pour sensibiliser les pouvoirs publics.
Un bûcheron grenoblois a décidé de nettoyer les cours d'eau de son département de façon originale pour sensibiliser les pouvoirs publics. © Gaspard Forest

Il s'appelle Gaspard Forest. Pendant toute une année, ce Grenoblois a parcouru chaque jour les cours d'eau de l'Isère. Il avait décidé de ramasser bénévolement les déchets qui s’amoncellent et ainsi sensibiliser, par son action, les habitants et les pouvoirs publics de l'ampleur du désastre écologique que représente la pollution de l’eau.

Une reconversion professionnelle

Dans le cas de Gaspard Forest, on peut parler de reconversion professionnelle. En effet, suite à un accident du travail, ce bûcheron a dû fermer son entreprise. Il a alors été contraint de se trouver une nouvelle activité. Après plusieurs projets qui n’ont pas abouti, il a décidé de continuer ce qu’il avait commencé lors de sa convalescence : débarrasser les rivières de ses encombrants, une activité qui lui permettait de se sentir pleinement utile socialement. 

"J’ai commencé par ramasser un déchet, puis deux sur les trottoirs, dans les parcs. Et, petit à petit, je me suis retrouvé à remplir des sacs entiers aux abords des rivières. Je me suis rendu compte que c’était extrêmement sale, que certaines décharges étaient sûrement là depuis 20 ans", raconte le Grenoblois.

Entasser les collectes pour rendre visible l'invisible

Au commencement, il jetait dans les poubelles des riverains ce qu’il ramassait. Puis voulant susciter une prise de conscience de la population et des pouvoirs publics, il a alors décidé de rendre visible, l’invisible. Il s’est mis à entasser les déchets recueillis sur les ponts de la communauté d’agglomération de Grenoble. Des infrastructures quotidiennement empruntées par des milliers d’automobilistes.

Il signait chaque fois son acte avec une pancarte sortie de l'eau 

Pour effectuer sa tache quotidienne, il utilisait un tire-fort, une espèce de treuil… ce qui lui permettait de dégager jusqu’à 1,6 tonne de déchets. "Avec cela, j’arrive à tirer des frigos par exemple, et je prends des sacs cabas pour les déchets moins lourds, comme les chaussures, les sacs plastiques, les canettes ou encore des journaux des années 2000". A côté de la pile de déchets qu’il déposait, Gaspard accolait systématiquement un panneau, récupéré dans l’eau en général, sur lequel y était simplement inscrit « Dépollution, bénévole, rivière », accompagné de sa signature pour montrer qu’il assumait pleinement son action.

Des rendez-vous prévus avec la mairie

Son énergie dépensée à dresser ses tas de déchets depuis un an a fait mouche. Des réunions sont prévues, entre autres, avec la mairie à l’automne pour mettre en place un plan d’action. Ce qui fait dire à notre bûcheron "Parfois, des bonnes idées prennent des allures atypiques au début, mais elles sont nécessaires pour trouver des solutions pérennes".

Plus d'explications avec Claudia Cohen du Figaro demain, au micro d'Emmanuel Moreau

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