En Mongolie, une femme a réussi à faire reculer des compagnies minières pour protéger les léopards des neiges. Son combat a été récompensé.

Les léopards des neiges chassés de leurs habitats par des exploitants miniers
Les léopards des neiges chassés de leurs habitats par des exploitants miniers © Getty / Arterra

Bayarjargal Agvaantseren est professeure de langue, guide touristique et, depuis quelques années, militante écologiste ! Elle a, en effet, décidé de consacrer toute son énergie à la protection du léopard des neiges en Mongolie, face aux menaces des compagnies minières.

Des chats géants

Bayarjargal s’est intéressée à ces chats géants alors qu’elle travaillait en tant que traductrice sur une mission scientifique consacrée à l’étude de la vie sauvage. Elle a été éblouie par la beauté mystérieuse de ces félins montagnards, mais elle est tout autant indignée par l’ampleur de la menace qui pèse aujourd’hui sur ces animaux majestueux.

Occupation des sols par des exploitations minières

Les léopards des neiges vivent dans différentes régions montagneuses du centre de l’Asie. On en trouve ainsi à l’est de l’Himalaya comme au sud du désert de Gobi. Pendant des millénaires, ils ont vécu paisiblement dans ces paysages à la beauté époustouflante. Mais leur population a été décimée effectivement ces dernières années notamment en raison de l’occupation de leur habitat par des compagnies minières intéressées par le charbon, le cuivre et l’or qui abondent dans les sous-sols de la région. La destruction progressive de l’habitat des léopards est telle qu’il ne resterait que 4 000 individus à l’état sauvage aujourd’hui, dont 1 000 dans les montagnes de Tost en Mongolie.

Le soutien des femmes bergers

Dès 2009, sa stratégie a été de s’associer aux communautés locales, et en particulier aux femmes de bergers, pour leur faire prendre conscience de la gravité de la situation pour le léopard des neiges. En mettant en place un système d’assurance pour le bétail, elle a convaincu les bergers de ne plus tuer les léopards pour protéger leurs bêtes. En 2016, elle a ensuite réussi à obtenir l’ouverture de la première réserve naturelle du pays, la réserve de Tost Tosonbumba, qui s’étend aujourd’hui sur plus de 7 000 km2.

Annulation de 37 permis d'exploitations minières

Bayarjagal ne s’est pas arrêtée là : elle a continué ses campagnes de plaider au niveau du gouvernement et a fini par obtenir après de longs bras de fer l’annulation de 37 permis d’exploitation minière qui avaient été octroyés dans la réserve. Grâce à la confiance que des communautés des montagnes et à un calendrier électoral favorable, elle a fait pression sur les hommes politiques pour qu’ils donnent la priorité à la préservation de la biodiversité et non aux intérêts économiques de court-terme.

Récompensée au Goldman Prize

Fin avril, Bayarjagal a reçu le prestigieux Goldman Prize qui est souvent considéré comme le prix Nobel des militants écologistes. Parmi les lauréats, on compte par exemple Ana Colovic Lesoska qui a préservé les lynx des Balkans en Macédoine, et la Française Claire Nouvian, qui a réussi à faire interdire le chalutage en eaux profondes dans les eaux de l’Union Européenne. Un prix qui met en lumière ces hommes et ces femmes qui risquent leur vie et leur liberté pour protéger l’environnement.

Plus d'explications avec Emma Stokking de l'agence Sparknews au micro d'Emmanuel Moreau

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