En Italie, un marin pêcheur mobilise des artistes pour l’aider à protéger les fonds marins des ravages de la surpêche.

La forteresse du village de Talamone où les fonds marins sont protégés par des statues immergées
La forteresse du village de Talamone où les fonds marins sont protégés par des statues immergées © Getty / DEA / A. AMANTINI

Paolo Fanciulli regorge de créativité pour faire fuir les chalutiers qui pêchent illégalement près des côtes toscanes. Il s’est déjà notamment déguisé en policier, il a bloqué un port industriel, et il a même essayé de trouer des filets géants avec des barbelés... 

Sa dernière idée en date : déposer au fond de l’eau des sculptures massives de 12 tonnes pour entraver le passage des filets ! 

Petit bateau contre chalutiers industriels

Cela fait 47 ans que Paolo pêche avec son petit bateau, La Sirena, au large du village toscan de Talamone. À partir des années 1980, il a commencé à constater que ses prises étaient de moins en moins abondantes, notamment à cause de la concurrence des chalutiers industriels. Ceux-ci pratiquent ce que l’on appelle le chalut de fond qui dévaste les fonds marins

Pêche illégale

Bien que cette technique soit officiellement interdite à moins de trois milles nautiques des côtes italiennes, de nombreux bateaux de pêche continuent à la pratiquer sur les zones protégées, en particulier la nuit, lorsqu’il est plus facile de déjouer la surveillance des garde-côtes.

Sculptures sous marine

En 2006, les autorités toscanes ont commencé à installer des blocs de béton pour bloquer le passage de ces chaluts géants. Il y en a aujourd’hui près de 800 dans cette zone de la Méditerranée. Mais Paolo a voulu aller plus loin pour attirer l’attention sur le problème de la surpêche. C’est ainsi qu’est née l’idée de solliciter des artistes pour sculpter les blocs dissuasifs et créer un véritable musée sous-marin ! 

Financement participatif

Dès 2007, il en parle autour de lui et lance, via son association “La Casa dei Pesci”, qui signifie La Maison du Poisson en italien, une campagne de financement participatif. Le bouche à oreille fonctionne à merveille : des sculpteurs du monde entier viennent mettre “la main à la pâte”. Il obtient ensuite l’autorisation de l’ARPA, l’association régionale de protection environnementale, pour installer ces grandes sculptures dans la mer.

Homards et algues 

Depuis grâce au soutien de Greenpeace Italie et de nombreux touristes, 39 sculptures ont été déposées à 50 mètres de profondeur. Celles ci  attirent les amateurs de plongée, tout en pointant la question de la surpêche. La vie marine semble également apprécier ces statues :  homards et algues y ont pris leurs quartiers, tandis que les tortues et les dauphins reviennent nager près de la côte.

L'art pour protéger la nature 

Il aimerait maintenant immerger 60 sculptures supplémentaires. Ce David a encore de longs combats à mener contre les Goliath de la pêche industrielle, mais il est persuadé que l’art représente un allié puissant dans la lutte pour la protection de la nature !

Pour en savoir plus retrouvez Emma Stokking de l'agence Sparknews au micro d'Emmanuel Moreau 

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