Trois jeunes ingénieurs créent la douche qui recycle son eau. Ils appartiennent à cette nouvelle génération d’ingénieurs pour qui la question écologique doit être centrale dans les innovations

Ilya recycle l'eau de la douche en continu
Ilya recycle l'eau de la douche en continu © Getty / Glowimages

La douche représente 40% de la consommation d’eau d’un foyer. Forts de cette coûteuse constatation, trois jeunes  ingénieurs justes diplômés de l’Insa, l’institut national des  sciences appliquées de Toulouse, ont décidé d’axer leurs travaux sur ce  gigantesque gaspillage quotidien.

15 litres par minute

Plutôt que de réduire la consommation d’eau utilisée lors du passage sous la douche qui est de 15 à 20 litres  par minute, ils ont préféré chercher à maximiser son utilisation.  Ainsi est né  IIya, un système de recyclage, de l’eau utilisée qui n'a besoin que de 5 litres d'eau en tout et pour tout.

Se redoucher avec la même eau

Ceci est possible car il s’avère que l’eau de la douche est en fait très peu polluée. Les ingénieurs en herbe,  affirment que si elle est souillée par du shampoing, du gel douche, du  savon, elle ne l’est qu’à proportion de 10% ; tous ces produits  étant en fait très dilués.

Une cuve, un filtre

Le filtrage de l’eau  est opéré dans une boucle de récupération très fermée constituée  principalement d’une cuve et d’un filtre. Outre l'économie de l’eau réalisée,  Ilya présente aussi  l’avantage d’être moins énergivore. Pour une douche classique chauffer l’eau à 40  degrés à un coût. Avec ce système cyclique, la consommation énergétique  est moindre car l’eau récupérée est encore chaude.

Testé en laboratoire

"Actuellement des tests sont réalisés en laboratoire autour de filtres qui utilisent du sable et des charbons actifs". Les douches seront ensuite proposés à des hôtels, des campings ou des salles de sport.

Des ingénieurs soucieux de l'environnement

“C_omme plusieurs  étudiants, j’ai eu un déclic après avoir vu le film “Demain”, de Cyril Dion et Mélanie Laurent, dédié aux solutions pour l’environnement_”  annonce Simon Buoro l’un des trois ingénieurs qui ont travaillé sur cette douche. Comme ses collègues, il regrette  que les problématiques écologiques ne soient pas suffisamment prises en compte  dans l’enseignement alors qu’elle est centrale dans les innovations d’avenir. C’est pourquoi en 2017, des étudiants de l’ INSA ont crée  l’association « Ingénieurs pour demain », afin de  valoriser les opportunités existantes sans intégrer pour autant des  entreprises très polluantes.

Plus d'explications avec Océane Herrero, du Figaro demain au micro d'Emmanuel Moreau

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