Aujourd'hui, à l'occasion de la rétrospective à la cinémathèque, zoom sur un des plus grands acteurs du cinéma français : Louis de Funès.

Louis de Funès : pleins feux sur un acteur inimitable. Ici, dans le film "Le tatoué" (1968) de Denys de La Patellière
Louis de Funès : pleins feux sur un acteur inimitable. Ici, dans le film "Le tatoué" (1968) de Denys de La Patellière © AFP / ASCOT / CINERAID / LES FILMS COP / COLLECTION CHRISTOPHEL

Je suis ignoble et ça fait rire

Ainsi parlait Louis de Funès quand il évoquait les rôles qu’il incarnait au cinéma.

L’ignominie de ses personnages continue de nous faire rire. Pendant le confinement, une vingtaine de ses films ont été diffusés sur les différentes chaînes de télé. Et les audiences en attestent, il est toujours aussi populaire. Plus de 5 millions de téléspectateurs pour La Folie des grandeurs et pour La grande vadrouille, pas moins de 4 millions pour Rabbi Jacob et l’Aile ou la cuisse.

Louis de Funès est depuis plusieurs générations l’acteur comique préféré des Français. Mais comment a-t-il pu attirer autant de sympathie avec des personnages concentrant autant de défauts ?

Roublard, menteur, lâche, égoïste, colérique, obséquieux, méprisant… De Funès c’est nous en pire et c’est pour ça qu’on l’aime. C’est en tous cas une des idées avancées dans l’exposition très réussie que lui consacre la cinémathèque de Paris actuellement.

L’occasion pour nous ce matin de s’intéresser au parcours et à la filmographie de cet acteur à la carrière hors du commun qui s’est fait une place à part dans le cœur de nombreux français.

Nos invité.e.s :

  • Alain Kruger, commissaire de l'exposition à la cinémathèque
  • Mylène Demongeot, actrice et partenaire de jeu de Louis De Funès dans les Fantomas

Extraits de l'émission

Un acteur si exceptionnel et humain 

Alain Kruger : "Louis de Funès n'est pas seulement un acteur, c'est un auteur. C'est une telle madeleine pour tout le monde, je dirais depuis cinq générations. Ca fonctionne de façon absolument magistrale. Je trouve qu'il y a un côté quasiment métaphysique chez lui. Il portait une telle attention aux autres et faisait un tel travail qu'il y a quasiment un côté surnaturel chez lui. Ça a l'air impossible de jouer comme Louis de Funès [...] Il tord son corps dans tous les sens pour faire rire, c'est quelque chose de phénoménal ! 

Il y a une espèce de magie dans sa mécanique qui fait qu'il accélère le temps de telle façon que son tempo le rend intemporel

Mylène Demongeot : "J'ai toujours eu une grande passion pour lui. C'est un homme extrêmement intelligent, doué d'une grande humanité et ce depuis qu'il était pianiste de bar. C'est quelqu'un qui a regardé l'humanité et l'a bien comprise dès le départ. Il en a pris tous les travers et en a fait un archétype".

Son jeu de rôle était déjà parfait dès ses premiers films

Un homme modeste et complexé avec les mots 

Alain Kruger : "Il y a une très grande humilité chez De Funès [...] Il devenait fou avec le texte (scénaristique). 

C'est l'un des rares acteurs qui coupait son texte. - Gérard Houri

Il disait toujours qu'il ne souhaitait pas être le premier rôle. Il portait sur ses épaules toute la production du film mais comme il ne voulait pas être associé économiquement à la production, il voulait contrôler tout le reste. Il avait une angoisse qui était proportionnelle au succès de ses films mais sans qu'il soit, au départ, au centre de l'attention".

Quels étaient les comiques qu'il admirait, ses inspirateurs ? 

Alain Kruger : "Il avait un immense respect pour tous les grands maîtres du burlesque : Max Linder, Charlie Chaplin, Buster Keaton. Mais ses chéris, c'était Laurel et Hardy. De Funès, c'est un peu Laurel et Hardy dans la même personne !"

Jamais démodé 

Mylène Demongeot explique que Louis de Funès a rendu ses personnages intemporels du fait de son jeu d'acteur atypique : "Sa profonde connaissance de l'humanité, le fait qu'il soit un vrai clown, un vrai mime, tout cela s'est conjugué et fait que les enfants comprennent toujours, immédiatement, son langage". 

Ça ne vieillit pas !

Il meurt à 68 ans, en 1983, et laisse derrière lui un dernier projet 

Alain Kruger "regrette infiniment le sixième film qu'il aurait dû faire avec Gérard Houri, qui était Le crocodile. C'était un peu son Dictateur (en référence avec le film de Charlie Chaplin). C'était l'époque où, en Grèce, il y avait des colonels qui étaient au pouvoir ; en Espagne, il y avait le général Franco ; le régime soviétique était toujours en place, il y avait aussi tous les régimes autoritaires en Amérique du Sud et les pays de l'Est. 

Son tout dernier film aurait vraiment été son hommage à Chaplin. Et Aldo Maccione aurait dû jouer son lieutenant ; la grande cantatrice Régine Crespin devait être sa femme. Tout était prêt et puis, il a fait son malaise cardiaque".

Le coup d'oeil à la presse

Comme chaque mercredi, Alexandre Lazerges, journaliste au magazine GQ, nous parle d'un truc, d'un bidule, d'une invention ou d'un machin. C'est justement "l'objet de son appel" !

Programmation musicale

  • Sopico - "Sans titre"
  • Baxter Dury - "Carla's got a boyfriend"
  • Bande originale du film L'homme orchestre : "Les poupons"
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