Le monde est divisé en deux catégories, ceux qui ont un nez et ceux qui n'en ont pas. Vraiment ? L'odorat nous sert à chaque instant. Nous sommes parfois importunés, parfois ramenés à des souvenirs d'enfance. Il est un sens à part entière et nous pouvons tous le cultiver. On ne naît pas nez, on le devient !

On ne nait pas nez, on le devient
On ne nait pas nez, on le devient © AFP / Betsie Van der Meer

D'aucun ont l'oreille absolue, d'autres auraient le nez absolu. C'est un sens que nous utilisons tous mais auquel nous ne sommes pas sensibilisés. Certains de nos plus anciens souvenirs y sont pourtant associés. Du pain chaud le matin à l'odeur de la mer sur les plages au soleil l'été, nous percevons des odeurs variées à longueur de journée.

Il a suffit d'un simple pschiiit. J'étais chez le coiffeur, l'autre jour, et une cliente a demandé de la laque après son brushing. Le coiffeur a vaporisé. Et là, j'ai soudain vu et entendu ma grand-mère. Ses bigoudis, dans la salle de bain. Son peignoir vert. Son éclat de rire. Tout était là, intact. Des souvenirs vieux de quelques dizaines d'années, qui étaient encapsulés dans une simple odeur, celle de la laque dans un flacon doré.

Ce genre d'expérience nous tombe tous dessus. Le pouvoir de l'odorat peut être fascinant. D'un coup, d'un seul, une odeur nous atteint et éveil en nous une odeur. Malheureusement la plupart d'entre nous invoque moins facilement une odeur qu'une image ou qu'une couleur. 

Comment affiner notre odorat ? Est-ce possible ? 

Aujourd'hui, on s'intéresse à celui qui est souvent le parent pauvre de nos sens. Il est pourtant riche, subtil et omniprésent. Apprendre à distinguer les odeurs, à les identifier, à y mettre un nom. Une fleur, un plat, une ville même ? Aujourd'hui pour nous éclairer sur le sujet :

  • Mathilde Laurent, "Nez", créatrice de parfum chez Cartier. 
  • Jean Blaise, metteur en scène et organisateur de "Voyages à Nantes" - car cette année, le Voyages à Nantes sera aussi un parfum : il a demandé à trois créateurs de parfums d'imaginer, d'inventer, de composer le parfum de la ville de Nantes.
  • Clarisse Béraud, artisan fleuriste et directrice de la maison Vertumne, spécialisée dans la recherche d'essences rares avec des fleurs fragiles à l'odeur particulière

La crise du coronavirus, dont l'un des symptômes est la perte de l'odorat est venue nous rappeler l'importance de ce sens. Alors posons nous la question. Faut-il entraîner notre nez ? Et comment ? Sans doute est-ce surtout une question d'attention aux odeurs autour de nous. L'odorat n'est pas un don, mais un sens à cultiver.

Extraits de l'émission

Clarisse Béraud : 

Une particularité les essences qui sont riches en fragrances sont souvent les plus éphémères.

Mathilde Laurent ajoute : "Toute fleur coupée commence à perdre son parfum parce qu'une fois coupée, elle n'a plus besoin d'attirer des insectes pollinisateurs. C'est pour ça que ces bouquets ne peuvent pas tenir éternellement. Il faut bien évidemment les mettre dans l'eau, c'est une lapalissade, mais le fait d'être dans l'eau va permettre de maintenir la fleur en vie et donc son odeur". 

À propos du marketing olfactif, de plus en plus populaire dans les hôtels, etc  : 

C'est très drôle, cette manière de penser que l'odeur est toujours bienvenue pour tout le monde. 

En fait, un parfum, on le choisit pour soi et souvent même on le choisit pour l'autre. Un hôtel, c'est un lieu de vie et moi, quand je vais dans un hôtel, je suis heureuse de m'y sentir chez moi. Si l'odeur me dérange, j'ai plus l'impression d'être chez quelqu'un. Ce n'est pas forcément négatif, mais en tout cas cette idée que l'on accueille mieux en imposant une odeur, je pense qu'il faut la contredire. On n'accueille pas mieux en imposant quelque chose." 

En ce qui concerne les banques, elle nuance : "Là, c'est de l'aromacologie : les essences et les ingrédients ont une une influence sur notre psychée. Et je trouve ça problématique finalement"

Mathilde Laurent :

Une odeur, on la mémorise avec un contexte et aussi avec une émotion

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La programmation musicale

  • "My Girl" de The Temptations, 2018.
  • "Aussi loin" de Jean-Louis Aubert, 2019.
  • "Happiness is a butterfly" de Lana del Rey, 2019.
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