Avez-vous la main verte ? Cultiver son potager est un travail qui peut être très gratifiant, à condition de respecter quelques principes accessibles à toutes et tous. Penchons-nous sur l'art d'écouter et d'accompagner son potager.

Le potager des paresseux
Le potager des paresseux © Getty / Mike Harrington

Je n'ai pas la main verte. Je le dis sans honte aucune, car je l'ai déjà révélé à l'antenne pendant le confinement, lors d'une chronique où je donnais des idées pour occuper les enfants à la maison. Semez des graines, ai-je conseillé aux familles : ne sous-estimez pas l'émerveillement que suscite le spectacle de la nature à l'œuvre

J'ai notamment découvert que lorsqu'on plonge dans un verre d'eau la racine d'un poireau (la partie poilue, qui ne se mange pas), un nouveau poireau se met à pousser. Il se reconstitue, il ressuscite ! Magie ! Bref, le confinement a suscité chez moi des envies de récolte. 

Et je suis loin d'être la seule. Alors ne nous arrêtons pas en si bon chemin, nous autres néophytes, lançons-nous vraiment dans un potager. Bon, surtout si vous avez un jardin, c'est vrai que ça aide. Et même si vous êtes nul.les, même si vous avez la flemme, vous allez y arriver. 

Comment débuter un potager ? Comment faire à la fois simple et mieux ? Ce sont de ces questions que discuteront nos invités

  • Didier Helmstetter, fils d’agriculteur et ingénieur agronome. Il se déclare jardinier paresseux, et il est l'auteur de Réussir son potager du paresseux, aux éditions Tana, 2020 et également youtuber.
  • Julie Iannuzzi, potagère en transition et youtubeuse de la chaîne Le potager du Ferron.
  • Philippe Collignon, journaliste jardinier sur TVMatin, auteur de Je cultive mon potager pour les nuls, aux éditions First, 2020.

Extraits de l'émission ci-dessous. 

L'ingénieur agronome Didier Helmstetter explique : "La paresse, c'est réfléchir au fait que ce que je vais faire sera vraiment utile. En réfléchissant sur le vivant, on arrive à une évidence : les plantes étaient là avant nous. Elles ont poussé avec une abondance incroyable alors que l'homme n'était pas encore sur Terre. Par conséquent, il n'est pas nécessaire de s'en mêler ou en tout cas, de tout secouer, de tout casser. En réfléchissant beaucoup et en faisant peu, on obtient des résultats qui peuvent être stupéfiants".
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Philippe Collignon affirme, lui, que "le jardin du paresseux, on peut l'étendre aussi aux jardins d'ornement, c'est-à-dire de ne plus tondre sa pelouse". Le conseil est simple : créez juste une petite allée dans votre gazon, ne tondez pas trop court, ou ne tondez pas du tout, laissez pousser les mauvaises herbes avec vos plantes et vos fleurs, et ainsi, vous obtiendrez un espace naturel… où vous aurez le plaisir de vous allonger pour y lire ou faire la sieste, le bénéfice du jardinier paresseux !
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Il préconise de ne plus remuer le sol : les bactéries vivent à une profondeur de 25 cm dans la terre, si le labour les remonte en surface, elles meurent et ne peuvent plus accomplir leur tâche fertiliisatrice. Didier Helmstetterrenchérit : pour lui, la pire erreur de débutant est de croire qu'il faut commencer par tout retourner : "Mes 900 m² de potager sont installés sur une prairie qui n'a jamais été touchée par une bêche, ni par un motoculteur, ni même par une grelinette".
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Il ajoute qu’il n’existe pas de 'mauvaises herbes' : cette appellation qualifie seulement des plantes dont l'homme n'a pas encore trouvé l'utilité, mais qui ont leur utilité dans le système.

En savoir plus :  à jardinier paresseux, potager heureux !

Programmation musicale

  • Bwe dlo - David Walters et Seun Kuti, 2020.
  • Jardin d'hiver - Henri Salvador, 2000.
  • I'm in love - Ayo, 2020.
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