Désavoué par la révolution de mai 1968, le général de Gaulle est sanctionné par le référendum du 27 avril 1969 et démissionne. Georges Pompidou se porte candidat et réinvestit l'héritage gaulliste, en défendant le changement dans la continuité.

Élection de 1969 : sans le général de Gaulle. Ici des affiches de campagne des candidats Georges Pompidou (UDR) et Alain Poher (Centre démocrate), 1969
Élection de 1969 : sans le général de Gaulle. Ici des affiches de campagne des candidats Georges Pompidou (UDR) et Alain Poher (Centre démocrate), 1969 © Getty / Keystone-France / Contributeur

"Non" ou la France sans De Gaulle  

Le général de Gaulle démissionne après que les Français ont dit « non » aux réformes que le fondateur de la Ve République proposait par référendum en avril 1969. Il quitte la scène politique à sa manière, selon sa propre conception d’envisager la volonté populaire. Le rassembleur de juin 1940 et de juin 1958 se retire démocratiquement sans même attendre une éventuelle reconduction au prochain suffrage universel. 

Le gaullisme sans De Gaulle

Mais, à sa suite, en 1969, la Ve république lui survit en élisant un autre gaulliste. La France d'après 1968 reste toujours largement conservatrice, mais où la référence à l'avenir prend davantage sa place face à celle du passé. 

Le phénomène de contre culture emmené par mai 68 n’empêche pas la droite de gagner très largement les élections législatives de juin 1968. Un tournant politique majeur au cœur d’une période de grande désillusion sociétale, qui conditionne les enjeux de l’élection présidentielle avec l’absence plus que déterminante de De Gaulle. La classe politique se demande comment prendre le pouvoir et gouverner après lui.

Le triomphe paradoxal d'une majorité gaulliste  

Deux hommes en ont pleinement conscience : l’un sera élu président conformément aux principes de la Ve République qui veut que la victoire revienne celui qui sera parvenu à former une majorité ouverte. Quand l’autre, François Mitterrand, se résigne, par pragmatisme, à tenter d’unifier une gauche plus repliée que jamais dans ses contradictions depuis la dislocation de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS)

Seul Alain Poher, alors président du Sénat, réunit une opinion qui pourrait (tenter) de faire barrage à ce qui reste de l’héritage gaulliste, soit Georges Pompidou. Mais il réunit une alliance plus composite que rassembleuse. La Ve république révèle plus que jamais, après le départ du général de Gaulle, que la victoire s’obtient par le candidat qui saura le mieux retourner le système bipartisan en sa faveur. 

Le nombre total de suffrages pendant les résultats du second tour de l'élection présidentielle, entre Georges Pompidou et Alain Poher, 15 juin 1969
Le nombre total de suffrages pendant les résultats du second tour de l'élection présidentielle, entre Georges Pompidou et Alain Poher, 15 juin 1969 © Getty / André SAS

L’invité 

Le journaliste Brice Couturier, producteur de l’émission Le tour du monde des idées sur France culture, auteur de 1969, l'année fatidique (Éditions de l'Observatoire). En 1969, il n’a que 19 ans, il est étudiant à la fac de Vincennes, alors de conviction maoïste à l’époque et issu du PSU de Michel Rocard.

Archives INA 

  • Reportage micro-trottoir dans le sud de la France à propos de la pilule, fin 1969.
  • Déclaration de candidature de Georges Pompidou à propos du retrait du général de Gaulle.
  • Portrait d'Alain Poher présenté par Jean-François Khan.
  • Gaston Defferre et Pierre Mendès France expliquent comment il faut gouverner. 
  • Michel Rocard se présente aux élections de 1969 et dénonce "la fausse gauche vendue aux centristes". 
  • Jacques Duclos (PC) suite au premier tour des élections. Il compare Georges Pompidou et Alain Poher à "deux frères siamois". 
  • Discours de Georges Pompidou et son appel au retrait avant le second tour de Alain Poher. 

Programmation musicale

  • Peter Sarstedt - Where do You Go to my lovely, 1969
  • François Béranger - Tranches de vie, 1969

Equipe

  • Production : Thomas Legrand
  • Réalisation : Claire Destacamp
  • Gestion des archives : Aurore Juvenelle
  • Technique : Ronan Mahet
L'équipe