Il est une grande figure de la littérature israélienne. Avec son dix-neuvième livre « Le Tunnel », l’écrivain nous offre un roman plein de tendresse et une réflexion sur la mémoire et l’identité.

L'écrivain, Avraham B. Yehoshua dans le cadre de la conférence des écrivains et poètes juifs de Jérusalem, Kissufim, qui s'est tenue à Mishkenot Sha'ananim le 7 février 2013 à Jérusalem.
L'écrivain, Avraham B. Yehoshua dans le cadre de la conférence des écrivains et poètes juifs de Jérusalem, Kissufim, qui s'est tenue à Mishkenot Sha'ananim le 7 février 2013 à Jérusalem. © AFP / GALI TIBBON

Il lance un regard affectueux à sa femme. Dans son peignoir de bain, une serviette nouée en turban autour de sa chevelure, malgré son âge, elle ressemble à une danseuse indienne ou turque. Pourra-t-elle supporter sa démence, même si on lui donne d’autres noms ?

Zvi Louria est ingénieur à la retraite et commence à perdre la mémoire.  D'abord ce sont seulement les prénoms des uns et des autres qui lui échappent, puis un jour, dans un jardin d'enfant, il prend par la main un enfant inconnu qui ressemble à son petit-fils. Après cet acte grave et troublant, lui et sa femme décident alors d’aller consulter un neurologue. Ce dernier lui conseille de ne pas rester inactif pour freiner la dégénérescence neurologique. Zvi va alors reprendre le travail, et proposer son expertise d’ingénieur pour la construction d’une route. 

Seulement, lorsqu’il arrive sur l’emplacement du chantier, il découvre une famille de Palestiniens réfugiés sur la colline par laquelle la route doit passer…

Il va alors tenter de convaincre les autorités de construire un tunnel pour ne pas déloger cette famille.

Plus qu’un roman rempli d’humour et d’amitié, celui que ces amis surnomment affectueusement « Bouli » dépeint la société israélienne et ses contradictions avec une justesse rare. C’est aussi un hommage vibrant à sa femme, à l’amour de sa vie, et au temps qui passe.

A quatre-vingt-deux ans, Avraham B. Yehoshua, ancien professeur de littérature, commence à écrire dans les années soixante-dix, et se liera d’amitié avec de grands écrivains israéliens : les regrettés Amos Oz et Aharon Appelfeld, ainsi que le traducteur Yehoshua Kenaz, son ami proche atteint d’Alzheimer, qui lui a inspiré le personnage de Zvi Louria.

Pastille sonore : Valérie Zenatti 

Choix musical : Sa'haiki, sa'haki de Néhama Haendel

Archive :

  • Extrait de l’Heure Bleue du 22 février 2017 : Aharon Appelfeld répond à la question "Est ce que l’écriture est un travail ou un don ? "

Générique : Veridis Quo des Daft Punk 

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