Avec "Une odyssée : un père, un fils, une épopée", un roman où tous les thèmes de la vie y sont décortiqués : l'enfance, la mort, la transmission, les voyages ...

Daniel Mendelsohn, écrivain, critique littéraire américain, professeur de littérature classique et contributeur au New York Review of Books.
Daniel Mendelsohn, écrivain, critique littéraire américain, professeur de littérature classique et contributeur au New York Review of Books. © Getty / Ulf Andersen / Contributeur

Voici le grand retour de Daniel Mendelsohn, l'auteur des "Disparus". En 2006, cette figure de la vie intellectuelle américaine, racontait l'odyssée dans laquelle il s'était lancé pour retrouver la trace de six membres de sa famille tués par les nazis pendant la guerre. Entre documents d'archives, aveux intimes et véritable enquête sur le terrain, un récit qui a remporté en France, le prix Médicis étranger. Cette fois-ci, l'écrivain a choisi de raconter dans "Une odyssée : un père, un fils, une épopée" son histoire celle vécue avec son père Jay Mendelsohn, âgé de 81 ans, qui va à sa demande, aller comme tous les étudiants du séminaire mené par son fils, s'immerger dans l'œuvre d'Homère. Un auditeur libre, comme on dit, voire très très libre, car malgré la promesse faite à son fils de rester silencieux, il se permettra de contester les analyses de son professeur de fils sur Ulysse auquel il dénie toute dimension héroïque. A travers la redécouverte mutuelle d’un fils et d’un père, il se dit aussi autre chose. Daniel Mendelsohn avec sa belle voix grave et un français joliment teinté d'un accent américain sera ce soir dans l'Heure Bleue.

"(...)Attendre l'inattendu. Mon père était tombé et il était évident que nous ne ferions plus de voyage culturel. Mais nous avions eu notre odyssée – nous avions, pour ainsi dire, voyagé ensemble dans ce texte pendant un semestre, texte dont il m'apparaissait de plus en plus clairement, alors que de ma chaise, je contemplais le visage immobile de mon père, qu'il parlait du présent plus que du passé. Car au fond, c'est une histoire de familles étranges et compliquées, une histoire de deux grands-pères – le père de la mère, excentrique, volubile, et grand farceur devant l'Éternel, et l'autre, le père du père, taciturne et obstiné ; l'histoire d'un long mariage et de brèves infidélités, d'un mari qui entreprend un voyage au long cours et d'une femme qui reste au foyer, aussi attachée à sa maison que l'arbre l'est à la terre ; d'un fils et d'un père qui ne se reconnaissent que très tardivement, et se retrouvent enfin pour partager une grande aventure ; l'histoire, à l'approche de son dénouement, d'un homme parvenu au milieu du chemin de sa vie, un homme qui, il faut s'en souvenir, est un fils aussi bien qu'un père, et qui, à la fin, s'agenouille et pleure parce qu'il a vu en face le spectacle de la vieillesse de son père, le spectre de son inévitable mort, une vision si terrible que cet homme, qui est pourtant un conteur chevronné, passé maître dans l'art de déformer la vérité et de mentir sans vergogne, rompu à manipuler les mots et, partant, les gens – cet homme est tellement bouleversé à la vue de son père décrépit qu'il ne peut plus se résoudre à raconter ses mensonges et à tisser ses récits, et qu'il doit, au bout du compte, dire la vérité. Telle est l'Odyssée, que mon père a souhaité étudier avec moi il y a quelques années ; tel est Ulysse, le héros dans les traces duquel nous avons un jour mis nos pas.(...)". Extrait de "Une odyssée : un père, un fils, une épopée" de Daniel Mendelsohn aux Editions Flammarion.

Pastille sonore : Ivan Jablonka

Choix musical : "My Funny Valentine" de Richard Rodgers et Lorenz Hart chanté par Angela McCluskey (extrait de l'album "Curio")

Musique : Georges Brassens : "Heureux qui comme Ulysse"

Extrait du documentaire « Philip Roth , sans complexe » de William Karel en septembre 2010 sur Arte : Philip Roth parle de ses parents qui n'évoquaient jamais leurs souvenirs d'enfance

Générique : Veridis : Quo des Daft Punk

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