Pour son quinzième roman "Tous les hommes désirent naturellement savoir", présent dans la première sélection du prix Fémina, Nina Bouraoui retourne à ses premiers amours pour l’autofiction et dresse le portrait de l’Algérie du milieu des années 1980.

L'écrivaine, Nina Bouraoui à Paris le 19 août 2016.
L'écrivaine, Nina Bouraoui à Paris le 19 août 2016. © AFP / JOEL SAGET

Lauréate du Prix Inter en 1991 pour son premier roman La Voyeuse Interdite, publié a seulement 24 ans, Nina Bouraoui se place directement dans la catégorie auteure à suivre. Ce premier « coup de poing » littéraire éclaire déjà le style et les sujets que l’écrivaine va développer durant ses prochains livres : écriture dense et puissante, regard acerbe sur la condition de la femme musulmane, questionnement identitaire…

De mère française et de père algérien, c’est de son adolescence algéroise dont il est question dans Tous les hommes désirent naturellement savoir. De la future Nina Bouraoui que l’on connait aujourd’hui : poète-écrivaine et militante des droits homosexuels, nous découvrons une adolescente observatrice, touchant à sa future vocation et à son amour pour les femmes en fréquentant discrètement les nuits d’Alger. Portrait d’une jeune femme affrontant la vie comme elle sculpte les mots aujourd’hui : avec courage.

« Il y a une enfance homosexuelle. Cette enfance est la mienne. Elle ne répond à rien. Elle ne s’explique pas. Elle est. Il y a une histoire de l’homosexualité, des racines et un territoire. Elle ne vient pas du désir, du choix, elle est, comme on pourrait le dire de la composition du sang, de la couleur de la peau, de la texture des cheveux. »

Extrait de Tous les hommes souhaitent savoir, paru aux Editions JC Lattès.

Pastille sonore : Maïssa Bey 

Choix musical :  "Ecoute moi camarade" par Rachid Taha

Archives : 

  • Archive Ina du 16 décembre 1966 : Violette Leduc à propos de son livre «  La bâtarde », de ce qui provoque l’écriture biographique.
  • Archive Ina du 30 avril 2016 (au micro de Christophe Ono Dit Biot) : Annie Ernaux à propos de l'écriture de soi, au moment de "Mémoire de fille".

Générique : "Veridis Quo" des Daft Punk 

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