Nous savons qu'une vie sans douleur est impensable mais, de là à ce qu'elle soit chronique, on ne peut pas l'imaginer ou le comprendre ...

Un jeune homme d'affaires avec les yeux fermés grimace de douleur.
Un jeune homme d'affaires avec les yeux fermés grimace de douleur. © Getty / Henrik Sorensen

Et c’est le sociologue David Le Breton qui, après avoir travaillé sur la dimension sociale, culturelle et historique, puis sur les diverses catégories d’"expérience" de la douleur, se penche, dans un nouvel ouvrage, "Tenir : douleur chronique et réinvention de soi" aux Éditions Métailié, sur les douleurs chroniques, ce mal contemporain que la médecine peine souvent à traiter. Dans cet essai, il part du principe que si le souffrant a du mal à l'exprimer, l'entourage, a parfois du mal à la comprendre. Le sociologue du corps explore, consulte, interroge autant ceux et celles qui vivent cette douleur inexpliquée et inexplicable que ceux, les soignants, qui dans notre société de diagnostics scientifiques et de soins cherchent et essayent d'apaiser nos souffrances physiques. Notre médecine a, depuis peu, pris la douleur en considération. Des progrès sont réalisés et David Le Breton plaide pour une prise en charge centrée sur la subjectivité intime afin d'aider le souffrant à accomplir une réinvention de soi avec et autour de la douleur, pour acquérir une estime de soi participant à la capacité de résistance.

"La douleur n’est pas dans lésion, elle n’est jamais le prolongement d’une altération organique. Elle est la conséquence d’une relation affective et signifiante à une situation. Elle est toujours une question de signification et de valeur, une relation intime au sens et non de seuil biologique. Elle n’est pas celle d’un organisme, elle marque un individu et déborde vers son rapport au monde, elle est une souffrance. Elle se trame dans l’affectivité qui en mesure l’intensité et la tonalité. Si douleur est un terme souvent utilisé dans nos sociétés pour désigner un peine organique, et souffrance une peine psychique, il faut aller au-delà de la polarité corps-esprit qui marque ces représentations." Extrait de "Tenir : douleur chronique et réinvention de soi" de David Le Breton, aux Éditions Métailié.

Pastille sonore : André Muller

Choix musicaux : Joao Gilbertô avec "Desafinado"

  • Archive Ina du 24 novembre 1966 (au micro de Robert Valette) : Michel Foucault oppose le corps à l’utopie. « Le corps, c’est le contraire d’une utopie ».
  • Archive Ina du 11 janvier 1980 : Emmanuel Levinas évoque la phénoménologie du visage

Générique : Veridis Quo des Daft Punk

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