Écrivain japonais, Akira Mizubayashi vient nous parler aujourd’hui de son nouvel ouvrage “Dans les eaux profondes” publié chez Arléa.

Bains collectifs au Japon en décembre 1978
Bains collectifs au Japon en décembre 1978 © Getty / John LAUNOIS/Gamma-Rapho

D’abord écrivain d’expression japonaise, Akira Mizubayashi écrit plusieurs romans en japonais et passe en 2011 en langue française, avec notamment l’aide de Daniel Pennac. De cette apprentissage naît, chez Gallimard, Une langue venue d’ailleurs. Il écrira ensuite Mélodie, Chronique d’une passion et Petit éloge de l’errance. Puis en 2017, sort son premier roman Un amour de Mille-Ans toujours chez Gallimard. Et enfin en 2018, parait Dans les eaux profondes chez Arlea.

Dans cet ouvrage, l'auteur nous dévoile les différences entre les bains occidentaux, plutôt associés à l’idée de propreté, et les bains rituels japonais, tournés vers l'intimité familiale, amicale, le bien-être passé entre connaissances pour échanger, se raconter. Il s’agit d’un cérémoniel, comme la cérémonie du thé, un savoir-faire raffiné et poétique. Le livre est fait de références cinématographiques, de souvenirs de l’auteur, de digressions sur Fukushima ainsi que de réflexions sur la culture française et la culture japonaise, entre lesquelles l’auteur se place sans savoir quoi choisir. 

Extrait du livre :

“Le bain au Japon n’est pas une affaire individuelle comme c’est le cas en France et sans doute dans toute l’Europe occidentale. Sans parler de mon enfance durant laquelle ma mère ou, plus rarement, mon père, m’emmenait à un établissement de bains près de chez nous, depuis toujours j’ai pris mon bain souvent, en compagnie de personnes à qui m’attachaient des liens d’affection particuliers. Le bain n’est pas un lieu solitaire ; au contraire, c’est un espace qui réunit d’abord les membres de la famille dans une profonde intimité. Il m’arrive encore, en dépit de l’exiguïté de la salle de bains, de m’y trouver avec mon père ou mon frère, ou même avec ma mère. En nous lavant réciproquement le dos, en nous massant mutuellement les épaules, en échangeant des paroles autour de thèmes tantôt gais, tantôt sérieux, tantôt confidentiels, nous jouissons du privilège d’une relation immédiate.”

Pastille sonore : Patrick Boucheron  

Choix musicaux : Teodor Currentzis avec un extrait des "Noces de Figaro", de Wolfgang Amadeus Mozart : "Cavatine de Barberine des Noces de Figaro, le début du 4ème acte"

Extrait de films : Les septs samourais d’Akira Kurosawa    

Archive Ina du 27 octobre 1975 dans Radioscopie de Jacques Chancel, sur France Inter : Roland Barthes lit un extrait de "L’empire des signes au Japon" 

Générique : Veridis Quo des Daft Punk 

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