Nous en parlons à peine et leur nom nous échappe. La philosophie les a toujours négligées ; même la biologie les considère comme une simple décoration de l'arbre de la vie.

Bonsaï, à Bangkok, dans un temple
Bonsaï, à Bangkok, dans un temple © Getty / Ed Cheong

Et pourtant, les plantes donnent vie à la Terre : elles fabriquent l'atmosphère qui nous enveloppe, elles sont à l'origine du souffle qui nous anime. Emanuele Coccia est maître de conférences à l'EHESS et dans son essai de métaphysique audacieux, "La vie des plantes : une métaphysique du mélange", il nous raconte avec des exemples tirés de la philosophie, des sciences naturelles et de l'art, que penser les plantes, c’est tenter de se penser soi-même, soi-même dans le monde, au milieu ce qui nous entoure.

"On ne peut séparer -ni physiquement ni métaphysiquement- la plante du monde qui l'accueille. Elle est la forme la plus intense, la plus radicale et la plus paradigmatique de l'être-au-monde. Interroger les plantes, c'est comprendre ce que signifie être-au-monde. La plante incarne le lien le plus étroit et le plus élémentaire que la vie puisse établir avec le monde. L’inverse est aussi vrai : elle est l'observatoire le plus pur pour contempler le monde dans sa totalité. Sous le soleil ou les nuages, en se mêlant à l'eau et au vent, leur vie est un interminable contemplation cosmique, sans dissocier les objets et les substances, ou, pour le dire autrement, en acceptant toutes les nuances, jusqu'à se fondre avec le monde, jusqu'à coïncider avec sa substance. Nous ne pourrons jamais comprendre une plante sans avoir compris ce qu'est le monde". Extrait de "La vie des plantes : une métaphysique du mélange" aux Éditions Payot et Rivages.

Pastille sonore : Peter Szendy

Choix musicaux : Massive Attack avec Teardrop

  • Archive Ina du 19 janvier 1954 : Gaston Bachelard évoque le songe avant la pensée dans l’expérience humaine.

  • Archive Ina du 28 novembre 2011 : Bruno Latour parle du lien entre la nature et l’humain et définit la « cosmopolitique »

Musique : Henri Salvador avec Jardin d’hiver

Générique : Veridis Quo des Daft Punk


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