Avant Michelle Perrot, l’histoire de France était peuplée d’hommes. Grâce à ses travaux, les femmes du passé et du futur existent.

Michelle Perrot professeure émérite d'histoire à l'université Paris-Diderot et militante féministe.
Michelle Perrot professeure émérite d'histoire à l'université Paris-Diderot et militante féministe. © AFP / ULF ANDERSEN / Aurimages

Michelle Perrot, historienne, féministe et professeure émérite d’histoire à l’Université Paris Diderot est surtout une femme aux nombreux engagements, elle milite notamment pour la cause ouvrière puis pour les femmes. Spécialiste mondialement reconnue de l'histoire ouvrière et de l'histoire des femmes, elle a grandement contribué à remodeler ces domaines d'étude. Ses analyses des grèves, mais aussi du rôle des femmes dans la cité, continuent d'orienter nombre de recherches, il en est de même à propos de ses travaux sur la prison et sur les mécanismes d'enfermement, menés en étroite liaison avec ceux de Michel Foucault. Elle a également contribué à réhabiliter l'analyse de la vie privée, de l'intime. Sa thèse, Les Ouvriers en grève, à Histoire de chambres fait toujours date.

La revue Critique publie aux Editions de Minuit, un numéro spécial double sur "Michelle Perrot : l'histoire ouverte" parce que lire celle qui a appris aux hommes à croire aux femmes, résume l’édito de la revue c'est : "entendre la voix des ouvriers, des femmes, des prisonniers : c’est partir à la rencontre de celles et ceux qui sont trop longtemps demeurés dans le silence de l’histoire. Cette historienne curieuse des humbles, des oubliés, des inconnus, secoue bien des certitudes. Elle rejette tout déterminisme, met à mal les explications unilatérales en termes de contrôle social et de domination, dénonce les visions réductrices de l’espace de la cité comme assemblée de purs citoyens. Ouvrage après ouvrage, elle nous révèle la force des mots mais aussi des actes, des valeurs et des engagements de ces « dominés » dont l’existence et l’action ne se laissent enfermer ni dans les statistiques, ni dans des schémas structurels aveugles à leur force de vie, à leur aptitude à construire leur présent et à imaginer leur avenir.(...)"

Cette énergique historienne des conflits, sociaux et "genrés", l'une des "idoles" de Laure Adler sera l'invitée de l'Heure Bleue ce soir. 

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