Pour que l'Histoire doit être racontée. Pour ceux qui l’ont subie, qui l’ont vécue, qui ont disparu ne soient pas oubliés.

Robert Bober, réalisateur, metteur en scène et écrivain
Robert Bober, réalisateur, metteur en scène et écrivain © John Foley/P.O.L

Dans les premières années du siècle dernier, l’arrière-grand-père de Robert Bober voulut émigrer aux Etats-Unis pour préparer l’exil de sa famille restée en Pologne. Refoulé devant New York, à Ellis Island, Wolf Leib Fränkel s’installa avec sa famille à Vienne, où la vie pour les Juifs y était moins dure qu’en Pologne et pour y reprendre sa profession de ferblantier. Il mourut en 1929 avant l'horreur nazie. Né deux ans après, Robert Bober ne l’a donc pas connu. Pourtant, il a le sentiment que quelque chose de lui n’a pas été transmis. Il se rend compte que cet aïeul fut l’exact contemporain de Stefan Zweig, d’Arthur Schnitzler, de Joseph Roth, ou de Sigmund Freud, des auteurs où il a eu l’impression, en les lisant, de retrouver quelque chose de ce qui le relie à sa propre histoire et qui, comme son arrière-grand-père, allaient l’accompagner dans la recherche et l’affirmation de son identité.

Dans son livre et son film "Vienne avant la nuit", Robert Bober raconte son histoire et ce temps dans lequel l'effondrement de l'Empire des Habsbourg et la montée en puissance du national-socialisme mit fin à la Vienne capitale culturelle de l'Europe.

Olivier Guez écrivain, scénariste et journaliste.
Olivier Guez écrivain, scénariste et journaliste. © Maxppp / EFE/Newscom

De Josef Mengele, on a retenu l'image d'un collectionneur d'yeux humains, épinglés dans son bureau d'Auschwitz. La vérité est pire encore. Olivier Guez, a entrepris dans "La disparition de Josef Mengele" aux Editions Grasset un récit pour comprendre pourquoi ce monstre a toujours réussi à passer entre les gouttes de la justice des hommes. Le journaliste et romancier s'est fixé des règles car on ne peut avancer sans précaution dans la nuit la plus noire. Ne pas apparaître dans le décor, ne pas devenir la marionnette du ventriloque, ne pas dévoiler les coutures de l'enquête, ne pas faire de littérature sur Auschwitz. Olivier Guez a voulu l'après. La question du mal est au centre de sa réflexion. Comment on se relève quand on subi le mal le plus absolu ? Comment on se regarde quand on accompli le mal le plus absolu ?

Une enquête qui s'est appuyée sur bien des zones d'ombre, comme si le mal révélait le mal, dans le Buenos Aires des années 50, qui voit proliférer toutes sortes de profiteurs du fascisme. Mengele, aussi terrible soit-il, n'aurait pas survécu sans l'appui de toute une contre-société. Olivier Guez rappelle combien l'homme est une créature malléable, il faut se méfier des hommes.

Choix musical de Robert Bober : Frehel avec "Où est-il donc ?"

Extrait de film : "Vienne avant la nuit" de Robert Bober

Archives :

  • Archive Ina du 12 août 1977 : Fernand Deligny à propos du rapport du langage dans l’autisme
  • Archive Ina du 22 septembre 1978 (au micro de Jacques Chancel) : Georges Perec à propos de son enfance
  • Archive Ina du 9 septembre 2000 (au micro de Sylvain Bourmeau La suite dans les idées) : Paul Ricoeur à propos de l’oubli et de la mémoire

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