Dans "Thésée, sa vie nouvelle" (Verdier), Camille de Toledo relate une quête labyrinthique : celle qui vise à se libérer de ses morts, d'un passé qui ne passe pas. Son fil d’Ariane a été les archives familiales, qui l'ont aidé à reconstituer l'histoire traumatisante de ses aïeuls et de ses proches.

Portrait de l'écrivain Camille de Toledo à Manosque.
Portrait de l'écrivain Camille de Toledo à Manosque. © AFP / Joël Saget

L'oubli, la disparition, la mort, la quête de soi, sont des thématiques obsédantes dans l'œuvre de l'écrivain, essayiste et vidéaste, Camille de Toledo. 

Dans Thésée, sa vie nouvelle, qui mêle récit autobiographique et mythologie, l'écrivain entreprend une traversée orphique pour ramener ses fantômes hors des limbes. Thésée, double de l'auteur, est en effet le "frère qui reste", celui qui va, tour à tour, devoir enterrer ses proches. D'abord un frère, mort d'un suicide par pendaison; puis une mère, décédée un an jour pour jour après la mort de son fils ; enfin, un père, foudroyé par le cancer. 

Face à la douleur, il fuit, quitte Paris pour Berlin, une capitale pour une autre, espérant oublier le passé. Mais le terrible poids des morts le rattrape, se faisant ressentir jusque dans son corps, qui se décompose, au sens propre, progressivement. 

Pour sortir de ce piège intérieur, il entame une enquête biographique qui lui permet de démêler les secrets familiaux, d'observer les troublantes correspondances des morts, de génération en génération. Camille de Toledo propose ainsi une réflexion sur la façon dont les traumatismes se transmettent en héritage, la manière dont les corps somatisent et font mémoire des drames passés. 

C'est un récit sur une tentative de renaissance, de reconstruction de soi, qui passe par l'écriture et la légende.  

Les invités
L'équipe
Contact