Hélène Cixous nous emmène avec "Ruines bien rangées" et "Lettres de fuite" (Gallimard) dans l'éternité, dans un temps sans date, où nous devenons les contemporains d'Homère et de Proust, où nous replongeons dans les arcanes d'une petite ville allemande.

Portrait d'Hélène Cixous, écrivain et dramaturge, à Paris, le 18 janvier 2019.
Portrait d'Hélène Cixous, écrivain et dramaturge, à Paris, le 18 janvier 2019. © Getty / Sophie Bassouls / Sygma

C'est le récit d'un voyage sur les traces d'un passé auquel elle n'appartient pas que relate Hélène Cixous dans Ruines bien rangées. Elle redécouvre Osnabrück, cette ville à la fois familière et étrangère, ville natale de sa mère décédée, qu'elle parcoure désormais, accompagnée du fantôme maternel et de tous ses ancêtres inconnus. 

L'écrivaine part à la rencontre des Descendants, ceux qui ont pris place dans l'habitation laissée vide, et pourtant encore empreinte de la mémoire du passé. Elle arpente les rues de cette ville, toujours aussi belle, d'une beauté inattendue, alors qu'y a coulé si abondamment le sang. Sur les traces de la violence, ont poussé des fleurs. 

La littérature doit aller là où il ne faut pas, là où on ne peut pas. 

Ces thèmes des blessures de la mémoire, du télescopage des temps, de la guerre, de la beauté, sont aussi récurrents dans son œuvre théorique. Les éditions Gallimard publient ainsi Lettres de fuite, retranscription de ses séminaires de 2001 à 2004. Ils furent réalisés presque sans traces écrites, puisqu'Hélène Cixous préférait laisser la place à l'improvisation de l'oral, donner la possibilité aux perturbations de l'actualité de venir bouleverser l'ordre de ses réflexions. 

Dans cette Heure Bleue, Hélène Cixous revient notamment sur ses souvenirs d'enfance et les marques de l'antisémitisme dans son histoire personnelle. Elle parle également de celui qui fût son âme sœur philosophique, Jacques Derrida, mort en 2004, et de l'influence décisive de cette amitié sur son travail d'écrivaine. 

L’écrivaine a signé récemment une tribune rédigée par Ariane Mnouchkine dans le magazine Télérama, critiquant la gestion de la campagne de vaccination du gouvernement, et dénonce finalement le manque d'imagination de notre classe politique. 

Choix musicaux :

  • Gottingen de Barbara
  • Horses de Patti Smith
  • Les cours d’eau de Pomme

Archives

  • Archive Ina du 23 juillet 2005 : Jacques Derrida lit un extrait de Circonfession (passage sur sa mère) 

Générique Veridis Quo des Daft Punk

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