A quoi est-on prêt pour la célébrité ? Pour l'amour virtuel des fans ? Delphine de Vigan explore dans son dernier roman "Les enfants sont rois" la façon dont les réseaux sociaux peuvent détruire les rapports familiaux. Elle évoque ce soir son besoin de faire retour sur les problèmes de société par l'écriture. On like !

Delphine de Vigan, romancière, scénariste et réalisatrice auteure de "Les enfants sont rois" (Gallimard) à Barcelone le 10 août 2019.
Delphine de Vigan, romancière, scénariste et réalisatrice auteure de "Les enfants sont rois" (Gallimard) à Barcelone le 10 août 2019. © Maxppp / Enric Fontcuberta/EFE/Newscom

Mélanie rêvait d'être aussi célèbre que Loana de Loft Story. Après un passage aussi bref que raté dans une télé-réalité, c'est sur ses enfants, Sammy et Kimmy, qu'elle va reporter son désir de lumière en les mettant en scène sur les réseaux sociaux. Mais si devant la caméra, les enfants débordent de cadeaux et semblent passer leur vie à s'amuser, entre défis loufoques et journées à Europapark, en privé, leur souffrance est patente. Ce n'est que quand la petite Kimmy disparaît un soir, lors d'une partie de cache-cache, que l'écran se brise et la réalité se révèle.

Dans son dernier roman "Les enfants sont rois", Delphine de Vigan met en scène deux femmes, l'une qui ne vit qu'à travers ses enfants et sa communauté de millions de fans, l'autre, célibataire endurcie, policière au service des procédures, chargée de retrouvée l'enfant disparue. Deux femmes opposées, aux caractères détonants, qui vont devoir essayer de se comprendre pour retrouver la petite fille.

Comme souvent dans ses romans, c'est  autour d'un duo féminin fort de ses différences, que l'écrivaine construit son récit. Elle y renoue aussi avec les problématiques de nos liens sociaux, de l'enfance et de la gestion des tensions familiales.

Delphine de Vigan impressionne à chaque fois par sa capacité à s'emparer de sujets de société qui n'ont encore jamais été abordés sous la forme romanesque : harcèlement au travail, bipolarité, anorexie, pauvreté, alcoolisme des jeunes. Elle prouve l'importance de la littérature pour parvenir à mettre du sens et appréhender  les maux de notre temps.

Ce soir, elle évoque une problématique dramatique et tout aussi actuelle : celle de l'inceste, en revenant sur l'histoire de sa mère, dont elle avait fait le sublime portrait dans "Rien ne s'oppose à la nuit" et les transmissions des traumatismes aux générations suivantes. Elle explique pourquoi elle a besoin de s'emparer de sujets contemporains pour mieux les analyser et les éléments qui ont conduit à l'écriture de ce roman. 

Musiques :

1 /  La Grande Sophie, "Où vont les mots"

2 / Pomme, "Anxiété"

3/ Foushee, "Deep end"

Archives

  • Archive Ina du 28 octobre 1980 : Marguerite Duras dit qu’elle a été absente de sa vie à cause de l’écriture
  • Archive de 2001 : Générique de Loft Story saison 1, présenté par Benjamin Castaldi 
  • Emission Touche pas à mon poste du 16 février : Loana évoque son expérience de Loft Story 
  • Archive Ina du 24 janvier 1997 : Annie Ernaux à propos de son livre "La Honte" 
  • Archive Ina du 16 juin 2014 (au micro de Mathieu Vidard) :  Stanislas Dehaene à propos de l’impact des écrans dans la vie quotidienne

Générique Veridis Quo des Daft Punk 

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