Avec "Sidérer, considérer : migrants en France" un essai pour ré-apprendre ou apprendre à regarder et avec "Une fille dans la jungle" un roman documentaire au titre qui dit tout.

Enfants de migrants dans le camp de migrants de Grande-Synthe, près de Dunkerque, le 20 janvier 2016.
Enfants de migrants dans le camp de migrants de Grande-Synthe, près de Dunkerque, le 20 janvier 2016. © AFP / PHILIPPE HUGUEN

Peut-on échapper à ce mélange de colère et de mélancolie et à son effet de paralysie sidérante que suscitent en nous le sort des migrants et le traitement réservé à cette humanité précaire?Marielle Macé avec son essai : "Sidérer, considérer : migrants en France, 2017" aux Editions Verdier s’est appuyée sur ses diverses expériences et sur une analyse nourrie de ses lectures pour nous faire prendre conscience que seule une réappropriation humaniste des termes de l’hospitalité peuvent détruire les frontières artificielles et violentes que nous construisons autour des migrants, celles et ceux que nous ne voulons pas voir, dont nous voulons pas considérer l’existence même. Marielle Macé tente d’opérer un retournement. Elle oppose à la sidération la considération, qui n’exclut pas la compassion, ni la lutte car apprendre à nommer, c’est apprendre à regarder.

Quant à Delphine Coulin, elle a choisi d'écrire un roman documentaire "Une fille dans la jungle" aux Editions Grasset. L'histoire d'Hawa et sa bande, cinq garçons et filles, tous mineurs, qui vivent dans la jungle de Calais, où sont regroupées des tentes et des baraques accueillant des milliers de migrants. Lorsque les autorités leur proposent de quitter cet endroit, ils décident de résister et de rester coûte que coûte. Isolés dans ce lieu devenu désert, ils tentent de survivre et de passer en Angleterre. Dix mille enfants et adolescents migrant ont disparu en Europe au cours des deux dernières années, et c'est entre autres, en lisant ce chiffre que Delphine Coulin a décidé d'inventer ces six personnages, tous jeunes, perdus dans ce camps de réfugiés près du port de Calais et pas loin du Tunnel sous la Manche, dans une jungle froide, de boue, de bois, cent fois démantelée et cent fois recommencée. D'imaginer leurs vies. Parce qu’il est impensable que des enfants vivent dans ces conditions.

Choix musical de Delphine Coulin : Arcade Fire avec "Everything now"

Choix musical de Marielle Macé : Fatoumata Diawara and Amine Bouhafa avec "Timbuktu Fasso"

Archives :

  • Archive Ina du 29 décembre 1997 (au micro d’Alain Veinstein) : Jacques Derrida à l’occasion de la sortie de son livre De l’hospitalité
  • Archive Ina du 11 avril 2016 (dans l’émission Hors Champs) : Damien Carême à propos du camp de Grande Synthe et la collaboration avec MSF

Générique : Veridis Quo des Daft Punk

Programmation musicale
L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.