Comment le visionnage d’"Apocalypse Now" et de "Voyage au bout de l’enfer" a-t-il nourri son écriture ? Pourquoi Isabelle Huppert ? Où a-t-il trouvé son titre ?

L'écrivain Yannick Haenel le 5 février 2015 à Paris.
L'écrivain Yannick Haenel le 5 février 2015 à Paris. © Getty / Eric Fougère

Sans hésitation, pour Yannick Haenel c’est la lecture de "Moby Dick" qui lui a donné envie d’écrire, il avait quatorze ans. C’est le livre qu’il a lu le plus de fois. Il y a aussi "Les Illuminations" de Rimbaud, "Les Chants" de Maldoror de Lautréamont ; mais "Moby Dick" a eu de l’importance pour lui à chaque période de sa vie. Alors, il ne faut pas s'étonner que l'écrivain raconte dans son dernier roman “Tiens ferme ta couronne”, paru aux Editions Gallimard, l'histoire un sociopathe sans travail qui passe ses journées retranché dans son appartement parisien à boire des vodkas et à regarder des DVD qui a écrit un énorme scénario sur la vie d’Herman Melville, The Great Melville, dont aucun producteur ne veut. Un jour, on lui procure le numéro de téléphone de Michael Cimino, le réalisateur mythique de Voyage au bout de l’enfer et de La porte du Paradis. La rencontre a lieu à New York, et le grand cinéaste lit le scénario. Vous découvrirez la suite dans l’Heure Bleue.

"(...)Un écrivain, me disais-je, disais-je à mes amis, ainsi qu’aux rares producteurs avec qui je réussissais à obtenir un rendez-vous pour parler de The Great Melville, un écrivain (Melville, et aussi Kafka ou Hölderlin, Walser ou Beckett — car je variais ma liste) est quelqu’un dont la solitude manifeste un rapport avec la vérité et qui s’y voue à chaque instant, même si cet instant relève de la légère tribulation, même si cette vérité lui échappe et lui paraît obscure, voire démente ; un écrivain est quelqu’un qui, même s’il existe à peine aux yeux du monde, sait entendre au cœur de celui-ci la beauté en même temps que le crime, et qui porte en lui, avec humour ou désolation, à travers les pensées les plus révolutionnaires ou les plus dépressives, un certain destin de l’être. (...)". Extrait de "Tiens ferme ta couronne" de Yannick Haenel aux Editions Gallimard.

Pastille sonore : Arthur Nauzyciel

Choix musical :Rodolphe Burger : "Poème en or"

Extrait de film : "Nuit et brouillard" d’Alain Resnais (1956)

Archive Ina de 1978 (au micro de Jacques Chancel) : George Perec l’origine de l’écriture de W ou le souvenir d’enfance

Générique : Veridis Quo des Daft Punk

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