C'est la revanche d'une enfant qui nous raconte les choses telles qu'elles étaient réellement au pays des merveilles.

Eva Ionesco le 26 mai 2017 à Cannes
Eva Ionesco le 26 mai 2017 à Cannes © Getty / Stéphane Cardinale - Corbis / Contributeur

L’Eva de Simon Libérati, réalisatrice de "My Little Princess" poursuit son récit familial en signant ce premier roman, histoire de son enquête menée pour résoudre l’énigme paternelle. L'enfance douloureuse d'Eva Ionesco, tout le monde la connaît. Elle en a fait un film avec Isabelle Huppert. Six ans plus tard, la réalisatrice passe à l'écriture en publiant son premier roman chez Grasset, "Innocence". Il y évoque son père puisque sa mère s'est séparée de lui alors qu'elle était âgée de 3 ans, un homme qu'elle n'a pas vraiment connu.

Aujourd'hui, à la recherche de sa part manquante, ce père manquant. elle écrit pour évoquer son père absent convoquant ainsi ses souvenirs qui "vont et viennent dans sa mémoire entre réalité, rêves, fantasme et mythomanie".

"(...Je devais avoir un siège ou un gros coussin dans l’auto car je n’étais pas dans les bras de Mamie. Je ne sais pas où dort mon père, je l’ai su plus tard, grâce à une photo qu’un ami avait prise de lui dans son hôtel à Saint-Tropez. Il porte une chemise jaune pâle et un foulard vert autour du cou, derrière lui, la piscine, petite, jolie, des murs en grosses pierres plates irrégulières, un escalier avec une rambarde en fer forgé décorée de plantes grasses, c’est le Byblos je crois. Mon père a dû donner cette photo à ma mère. Je sais qu’il l’a donnée pour moi, elle est dans un cahier de moleskine marron. Je n’ai pas toujours pu garder avec moi ce cher cahier de moleskine marron où aucune photo n’est datée, moi-même j’ai du mal à savoir si j’ai deux ou trois ans. Un pédiatre le dirait, mais pour l’instant c’est resté dans le dossier « recherches à approfondir autour de mon père ». Le cahier de moleskine, ma mère me l’a confisqué, puis rendu, puis repris à nouveau. C’est le seul bien matériel que j’ai hérité de papa avec deux lettres, deux cartes postales, quelques pierres et une lithographie encadrée de Picasso, La Colombe.(...)". Extrait de "Innocence" d'Eva Ionesco aux Editions Grasset.

Pastille sonore : Simon Liberati en direct

Choix musical : Alain Bashung : Madame Rêve

Archives :

  • Archive Ina du 3 mai 1989 : Patrick Modiano à propos de son livre Vestiaire de l’enfance
  • Archive Ina du 22 juin 1973 : André Pieyre de Mandiargues à propos de son goût pour l’outrance

Générique : Veridis Quo des Daft Punk

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