Film après film, le cinéaste chinois continue de raconter le quotidien des anonymes, des humbles, des malades avec cette fois-ci "Argent amer".

 Le réalisateur chinois Wang Bing le 17 novembre 2017 à Paris.
Le réalisateur chinois Wang Bing le 17 novembre 2017 à Paris. © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Pour peu qu’il existe des gens invisibles, agressés, qui tentent de survivre, ou en quête de meilleures conditions de vie, impuissants à les concrétiser, Wang Bing aura toujours des raisons de filmer, d’être présent pour témoigner. C'est pendant le tournage des "Trois sœurs du Yunnan", quand il voyait des jeunes revenir dans leur famille comme on rentre d’Amérique que Wang Bing a ressenti le besoin d'aller filmer la ville-atelier de Huzhou.  Avec ses sept opérateurs, pendant deux ans, il est allé dans cette ville, a accumulé trois mille heures de rushes, a examiné chaque soir les séquences enregistrées pour écrire "Argent amer" en même temps qu’ils le tournaient pour savoir quelle personne il fallait continuer à suivre, quelle autre avait été découverte, qui il pouvait laisser "sortir" de l’histoire. 

"Argent amer" c'est celui des Chinois, qui à peine sortis de l'adolescence, quittent leur village du Yunnan, comme d'autres l'ont fait avant eux, et partent grossir la main d'œuvre de Huzhou, une cité ouvrière florissante des environs de Shanghai, où ils intègrent des ateliers de confection qui tournent à plein régime. Logés où ils peuvent, soumis à la promiscuité, à la précarité et à des conditions de travail éprouvantes, Xiao Min, Ling Ling ou Lao Yeh veulent croire quand même à une vie meilleure. 

Interprète : Pascale Wei Guinot

Choix musical : Wang Xilin avec "Concerto : I believe" pour percussion et orchestre chinois  

Extraits de films de Wang Bing : 

  • "Ta’ang"
  • "Argent amer" 
  • "Mrs. Fang" 

Générique : Veridis Quo des Daft Punk 

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