Ecrire sa vie pour la comprendre : c'est ce qu'entreprend depuis des années l'écrivain Lionel Duroy à travers ses romans. Dans son dernier livre "L'homme qui tremble" (Mialet Barrault), il y raconte les souvenirs d'une enfance chaotique et ses difficultés d'écrivain.

Le journaliste et écrivain Lionel Duroy au Salon du livre de Paris le 15 mars 2018.
Le journaliste et écrivain Lionel Duroy au Salon du livre de Paris le 15 mars 2018. © Getty / Éric Fougère / Corbis

"L'écriture m'a mis au monde tout en me coupant du monde." Lionel Duroy

L'effondrement, c'est peut-être le terme qui revient le plus souvent sous la plume et dans les mots de Lionel Duroy. Ce sentiment d'un monde qui s'écroule, de la dévastation intérieure provoquée par l'échec, l'écrivain l'a vécu au plus profond de sa chair, dès sa petite enfance, et c'est ce qu'il raconte dans son dernier livre "L'homme qui tremble". 

"L'écriture c'est la matière du pauvre, j'ai choisi l'écriture parce que je suis d'un milieu complétement désargenté, on apprend tout seul à écrire à force de lire, ça ne demande pas d'études, c'est un désir très fort qui vient du fond de l'âme." 

Certes, il avait déjà écrit par le passé sur ses drames familiaux, mais revenir sur ses souvenirs permet à chaque fois de les affiner, de dépasser l'émotion de l'instant et trouver les mots justes pour les analyser. Si l'essentiel de l'œuvre de Lionel Duroy est d'ailleurs consacré à l'autofiction, c'est parce que, comme il le dit ce soir, "l'écriture permet d'exprimer l'inexprimable", parce qu'elle permet de se repérer dans le labyrinthe éreintant de la vie. 

Il aura cependant payé le douloureux tribu du choix de l'autofiction, car parler de soi implique de parler des autres, et notamment de ses proches. Cela lui aura valu ainsi des ruptures dramatiques avec ses frères et sœurs, son fils et aura fini par détruire la solidité de ses deux mariages. 

Vivre est une tache compliquée, la meilleure recette que j'ai trouvé c'est de me mettre à écrire, très tôt.

Cet ancien journaliste, qui a aussi prêté une oreille attentive aux propos de plusieurs grandes personnalités, de Sylvie Vartan à Gérard Depardieu, en passant par Ingrid Betancourt, parle ce soir de cette obsession d'écrire, de la façon dont les livres aident à traverser l'existence et des angoisses de l'écrivain face à la nécessité de restituer le réel dans sa complexité. 

Musiques :

  • Comme à Ostende d’Arno
  • L’enfer commence avec L de Christophe
  • Les éveillés de Dominique A

Archives

  • Archive Ina non identifiée : Philip Roth à propos de l’écriture qui permet de fuir la dépression
  • Archive Ina non datée : Jacques Lacan à propos de la vérité

Générique Veridis Quo des Daft Punk

Les invités
Programmation musicale
  • GAEL FAYEfranceinter.fr
L'équipe
Contact
Thèmes associés