A l'occasion de la sortie de "Yoga" (P.O.L), L'Heure Bleue consacre deux émissions à l'écrivain, essayiste et cinéaste Emmanuel Carrère. Dans ce premier volet, il sera question de son oeuvre littéraire, de son enfance, de son rapport aux autres, des pouvoirs de l'écriture et du cinéma.

L'écrivain, scénariste et réalisateur Emmanuel Carrère chez lui à Paris le 25 août 2020.
L'écrivain, scénariste et réalisateur Emmanuel Carrère chez lui à Paris le 25 août 2020. © AFP / Damien Grenon / Photo12

Après des débuts en littérature par la fiction au début des années 1980, Emmanuel Carrère a résolument basculé dans la non fiction, mêlant dans ses récits, sa vie à celle des autres, qu'ils soient assassin comme Jean-Claude Romand, dissident politique comme Limonov, ou encore apôtre comme Saint Luc. 

Dans cette première émission, Emmanuel Carrère revient sur la vocation de l'écriture à être une entreprise de compréhension de soi-même et des autres. Il explicite son choix de la non fiction : "parler de moi avec honnêteté est un bon chemin pour parler aux autres". Carrère fait finalement le pari d'un sentiment d'identification des lecteurs à sa personne. 

Il évoque également les porosités entre le cinéma et l'écriture, la construction de ses romans s'apparentant au montage d'un documentaire, puisqu'il procède à un collage de textes inaboutis, comme un réalisateur trierait ses rushs. 

C'est par le récit d'épouvante que j'ai commencé à me raconter à moi-même et à écrire.

Il met également en avant le rôle moteur que joue la peur dans son écriture, de ses lectures, enfant, de récits d'épouvante, aux fantômes qui continuent de le hanter adulte.  Cette peur, il la subit autant qu'il cherche à la faire éprouver à ses lecteurs.

Dans le deuxième épisode de cette série, il sera question de son dernier ouvrage, Yoga (P.O.L.), de son expérience de la méditation et de la sortie de la dépression, de l'écriture de l'ordinaire et de l'extraordinaire de la vie quotidienne. 

Choix musical :

  • Chopin, Trois nouvelles études n°1, par Artur Rubinstein

Pastille sonore : Ivan Jablonka 

Musique :

  • Berceuse cosaque - Marina Vlady
  • Camera's rolling - Agnès Obel 

Archives

  • Archive Ina de 1978 (au micro de Jean Daive) : Jorge Luis Borges à propos de l'art comme un jeu et la fiction comme foi
  • Archive Ina du 10 mars 1975 (au micro de Jacques Chancel) : Michel Foucault à propos de la requalification du fou en malade
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