Des corps nus, décharnés, malades, dépérissant seuls dans la rue ou accompagnés par les soignants sur leur lit d'hôpital. Ce sont les deux morts, sociale et biologique qu'a voulu mettre en regard le photographe Antoine d'Agata dans ses clichés de confinement, réunis dans l'exposition "Virus" à la fondation Bronwstone.

Le photographe et cinéaste Antoine d'Agata, au Festival International de Photographie Fotoméxico 2017.
Le photographe et cinéaste Antoine d'Agata, au Festival International de Photographie Fotoméxico 2017. © AFP / JAVIER LIRA OTERO / NOTIMEX

Pendant le premier confinement, le photographe Antoine d'Agata a passé des nuits entières dans les rues désertées de Paris et dans les couloirs bondés des hôpitaux, à photographier à l'aide d'une caméra thermique les corps humains dans leur plus grande vulnérabilité. 

Sur les 13 000 clichés qu'il a réalisés, les sans-abris, les prostitués et les drogués, se mêlent ainsi aux patients des salles de réanimation. Ce sont des corps sans identité, réduits à leur chaleur thermique par la lumière infrarouge, une chaleur humaine à l'état brut que le photographe marseillais a capturé et qu'il présente actuellement dans l'exposition "Virus" de la fondation Brownstone jusqu'au 16 janvier et que vous pouvez retrouver dans un livre éponyme aux éditions Studio Vortex.

Il en a également tiré un court métrage convulsif et frénétique, réalisé pour l'Opéra de Paris -3ème scène, intitulé "La vie nue"

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Membre de l'agence Magnum Photos, Antoine d'Agata a développé une photographie centrée sur l'expérimentation des situations les plus marginales, transgressives, partageant le quotidien et le mode de vie des grands "exclus" de la société. Il esthétise la violence du monde, celle du sexe, de la drogue et du crime, pour en faire ressortir la crudité et la cruauté. 

Le travail des corps déformés, déshumanisés, en clair-obscur porte la marque indélébile du choc esthétique que lui provoqua sa découverte de l'œuvre du peintre Francis Bacon en 1989. Le livre "Francis Bacon // Antoine d'Agata" qui vient de paraître chez The Eyes publishing, permet ainsi de saisir de manière vivace la proximité de ces deux univers expressifs qui pénètrent dans les tréfonds de l'enfer. 

Choix musicaux :

  • Lou Reed – Caroline Says II
  • Nina Simone – Mr Bojangles
  • Laura Cahen – Cavale

Archives : 

  • Archive de 1946 :  Antonin Artaud lit un extrait de Aliénation et magie noire 
  • Archive de 1985 ( conversation avec David Sylvester ) : Francis Bacon donne sa définition du peintre et parle de cinéma
  • Archive Ina du 28 novembre 2003 : Nan Goldin à propos de l’empathie et non de voyeurisme dans son travail 

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