Nos vies sont comme des électrons qui, par hasard, se percutent, se rencontrent, dans le chaos des évènements extérieurs. L'écrivaine Céline Curiol met en scène ces entremêlements des destins dans son dernier roman "Les lois de l'ascension" (Actes Sud), récit de 6 existences troublées à l'heure des attentats de 2015.

Portrait de l'écrivaine Céline Curiol auteure de "Les lois de l'ascension" (Actes Sud).
Portrait de l'écrivaine Céline Curiol auteure de "Les lois de l'ascension" (Actes Sud). © Maxppp / Sylvestre

Ecrire sur les hasards de la vie, sur tous ces chocs plus ou moins grands, intérieurs ou extérieurs, qui transforment une destinée, de façon irrémédiable. Cela pourrait être d'une certaine manière la clé de lecture du dernier roman de  Céline Curiol, "Les lois de l'ascension". 

Admirée par le grand écrivain américain Paul Auster, qu'elle a d'ailleurs traduit, elle partage avec lui cette même réflexion sur la causalité et le déterminisme dans nos existences. 

Ayant fait des études scientifiques, avant de se lancer dans le journalisme pour devenir finalement romancière et essayiste, Céline Curiol a, par sa vie même, expérimenté cette idée d'infléchissements donnés à la trajectoire qui semblait initialement tracée pour son existence. 

Mais, au delà de la contingence de l'existence, elle interroge plus généralement, dans ses romans et ses essais, les différentes stratégies que nous pouvons mettre en place pour tenter de survivre face à un monde extérieur trop déprimant, sortir du sentiment d'habiter le monde en fantôme. Dans son dernier roman, "Les lois de l'ascension", elle imbrique ainsi les destinées de 6 personnages aux vies très différentes, vivant dans le quartier de Belleville, qui vont être confrontés aux attentats de 2015, aux difficultés de l’amour, de mener son existence. 

Elle se confronte dans chacun de ses romans aux thématiques de la vulnérabilité, qu'elle soit psychique ou physique, avec une plume juste et incarnée, interroge poétiquement nos liens de solidarité, à l'heure des migrations et des problématiques environnementales. 

Ce soir, Céline Curiol revient sur les épisodes qui ont façonné son écriture, des attentats qu'elle a couvert comme journaliste à la dépression. Elle explique comment elle a voulu mettre en scène la manière dont nous sommes affectés, influencés par des gens que nous ne faisons que croiser, parfois, qu'à peine regarder. Elle revient sur le sentiment de révolte qui l'anime et les difficultés qui se posent pour transcrire ses engagements en actes concrets. Elle évoque finalement cet Amour, à qui elle dédie son roman, qui fait courir le monde. 

Musiques :

1 /   Nina Simone, « I wish I knew how it feels to be free »,

2 / « Ella giammai m’amo », Don Carlo, Verdi, interprété par Ferruccio Furlanetto

3/ « la 5ème saison », Ours 

Archives

  • Archive Ina du 16 août 1966 ( au micro de Maurice Gilbert Duprez) : Marguerite Duras à propos de la science, de la philosophie et de la littérature, ce qu’elle apporte au Monde
  • Archive Ina du 10 octobre 1967 ( au micro de Georges Charbonnier) : Roland Barthes répond à la question «  est ce que l’écrivain est encore un révolté ? »
  • Archive Ina du 4 novembre 1994 ( au micro d’Alain Veinstein ) : Michel Houellebecq à propos de la dépression 
  • Extrait de l’Heure Bleue du 2 février 2018 : Paul Auster à propos de l’autobiographie dans ses livres au moment de la publication de 4321.

Générique Veridis Quo des Daft Punk 

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