Toute cette semaine, L'Heure Bleue sera consacrée à cette auteure qui se raconte pour mieux rendre compte ... D'autres femmes l'accompagneront cette semaine.

Portrait d'Annie Ernaux
Portrait d'Annie Ernaux © Getty / Ulf Andersen

Le premier roman d'Annie Ernaux, "Les Armoires vides" (1974), annonçait déjà le caractère autobiographique de son œuvre. Mêlant l’expérience personnelle à la grande Histoire, ses ouvrages abordent l’ascension sociale de ses parents ("La Place", "La Honte"), son mariage ("La Femme gelée"), sa sexualité et ses relations amoureuses ("Passion simple", "Se perdre"), son environnement ("Journal du dehors", "La Vie extérieure"), et bien d'autres, construisant ainsi une œuvre littéraire "auto-socio-biographique".

Et il y a "Les années". Un récit de vie écrit à la troisième personne, qui porte un regard presque extérieur sur la femme qu'elle était. Un texte un peu atypique dans son œuvre parce que, si Annie Ernaux reste toujours dans son expérience personnelle, cette fois, elle raconte son histoire tout en nous conduisant à travers les événements qui ont fait les Trente Glorieuses. Elle a inventé la fiction documentaire à travers le filtre de sa propre histoire et conjugue mémoire individuelle et mémoire collective dans un kaléidoscope de souvenirs. "Les Années" font figure de mémoire collective des Français de la Seconde Guerre mondiale jusqu’au XXIème siècle. Qu’on ait vécu ces décennies qui jalonnent le récit ou qu’on soit trop jeune pour s’en souvenir, étonnamment tout fait mouche. Nous la retrouvons ce soir dans l'Heure Bleue.

Extrait du livre "Les années" d'Annie Ernaux lu par Isabelle Huppert

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