Rescapé des terribles prisons d'Hafez Al-Assad, clandestin dans son propre pays, puis exilé, le résistant Yassin Al-Haj Saleh continue de se battre pour le retour de la démocratie en Syrie. L'écrivaine Justine Augier a retracé cet engagement viscéral dans "Par une espèce de miracle". Ils témoignent ensemble ce soir.

La vie quotidienne à Idlib 15 décembre 2020, Syrie.
La vie quotidienne à Idlib 15 décembre 2020, Syrie. © Getty / Anas Alkharboutli / dpa

A 19 ans à peine, Yassin Al-Haj Saleh était déjà enfermé dans les geôles de l'ancien dictateur syrien Hafez Al-Assad en raison de ses idées communistes. Il y passa 16 ans. 16 ans qu'il vécut paradoxalement, malgré les mauvais traitements, comme une ouverture car il découvrira, dans le dépouillement de sa cellule le plaisir de lire, la philosophie, notamment d'Hannah Arendt, et l'anglais, comme il le racontera en 2015 dans "Récits d'une Syrie oubliée".

Il reprend à sa sortie de prison la résistance pacifique contre le régime des Assad, œuvrant aux réflexions intellectuelles autour de la mise en place d'un véritable Etat démocratique en Syrie. La guerre qui s'amorce à partir des mouvements de "révolution des dignités" de 2011 va faire à nouveau basculer sa vie dans le drame, puisque se multiplient autour de lui les disparitions et les assassinats. Deux de ses frères sont enlevés par l'Etat islamique, puis ce sera au tour de sa femme, Samira Khalil, qui avait elle-même passé 4 ans dans les prisons syriennes. Il emprunte alors les chemins de l'exil, pour la Turquie puis pour l'Allemagne, où il réside désormais, comme plus de 800 000 syriens. 

C'est à Berlin qu'il retrouve l'écrivaine Justine Augier, qui l'avait déjà contactée lorsqu'elle écrivait De l'ardeur, récit de la vie de l'avocate Razan Zaitouneh, militante et figure de proue de la Résistance syrienne, que Yassin al-Haj Saleh a bien connue et qui a été enlevée en même temps que sa femme, et est comme elle, toujours portée disparue depuis 8 ans. 

Ensemble, l'écrivaine et l'intellectuel entament un dialogue fascinant et passionnant sur la nécessité de continuer le combat en Syrie. Ce soir, ils racontent à deux voies la tragédie syrienne (dont on compte à l'heure actuelle 387 000 morts officiels), la condition de l'exil et la lutte acharnée contre l'impunité. 

Musiques  : 

  • Ya Qalbi de Meryem Aboulouafa
  • Li Beirut de Fairouz 
  • Les éveillés de Dominique A

Archives

  • Archive Ina du 29 décembre 1997 ( au micro d’Alain Veinstein ) : Jacques Derrida à l’occasion de la sortie de son livre De l’hospitalité
  • Le 31 août 2015: Angela Merkel, extrait de son discours "Wir schaffen das"
  • Le 7 février 2021  : Reportage RFI en Syrie 

Générique Veridis Quo des Daft Punk 

Les invités
L'équipe
Contact