Écrivain, militante féministe, avocate. Le parcours de Wassyla Tamzali est d’abord le parcours d’une femme engagée, engagée pour son époque, pour son pays et son genre. Laure Adler reçoit ce soir une femme en colère.

Wassyla Tamzali à la 23ème édition du festival littéraire "Étonnants Voyageurs" en 2012
Wassyla Tamzali à la 23ème édition du festival littéraire "Étonnants Voyageurs" en 2012 © AFP / Alain Jocard

Wassyla Tamzali fut d’abord avocate à la Cour d’Alger de 1966 à 1977 en menant en parallèle des activités journalistiques et culturelles déjà très engagées. Elle fut par exemple, rédactrice en chef du premier hebdomadaire maghrébin libre, nommé Contact, qui sera publié de 1970 à 1973. Ces activités la poussent à écrire et ce cheminement littéraire va la mener du cinéma algérien avec le livre En attendant Omar Gatlato : regards sur le cinéma algérien à l’art des parures féminines avec Abzim : Parures et bijoux des femmes d'Algérie. Ces ouvrages sont une ode à la créativité et à la liberté d’expression de l’art et à ce que l’art peut permettre au sein de la société algérienne. 

Elle fut membre des instances dirigeantes du Front des Forces Socialistes, parti algérien membre de l’Internationale socialiste, en 1989. En 1992, elle est membre fondatrice du Collectif Maghreb égalité, dont le but est de mettre “à disposition des activistes et des associations de droits humains des ressources et des outils de réflexion et de plaidoyer auprès des décideurs et de l’opinion publique, afin de changer les lois et de renforcer la culture de l’égalité, de la liberté et de la non-discrimination, et de l’inscrire dans les pratiques”. Elle en devient directrice exécutive en 2006. 

Wassyla Tamzali a également travaillé à l’UNESCO dès 1979, où elle était chargée du programme sur les violations des droits des femmes au sein de la division des Droits de l’Homme et de la Paix. Consciente qu’une position de pouvoir peut isoler mais également faire bouger les choses, elle a participé à de nombreuses programmes et forums sur les droits des femmes. Très critique vis-à-vis des interprétations du Coran, elle donne à voir la société du Maghreb comme une société machiste, qui ordonne aux femmes de se voiler pour se prémunir du désir des hommes, alors que cela ne fonctionne pas. Car « plus on refoule la sexualité, plus elle est présente », dit-elle à la Gazette des femmes dans une interview donnée en 2014.

Militante féministe, elle a publié plusieurs ouvrages proposant, sur une note autobiographique, un portrait de l’Algérie dans laquelle elle a grandi et qu’elle voit évoluer politiquement, comme Une éducation algérienne (Gallimard, 2007). Elle écrit également en évoquant le débat sur la burqa et sur ce qu’elle représente dans la société française avec Burqa ? en collaboration avec Claude Ber, aux éditions du Chèvre feuille étoilée, en 2010. Elle n’hésite pas avec Une femme en colère : lettre d’Alger aux Européens désabusés, aux éditions Gallimard en 2009, à interpeller les intellectuels européens à penser l’universalité au-delà de l’Europe. Le 8 mars 2012, elle est à l’initiative, avec sept autres femmes arabes, de "L'appel des femmes arabes pour la dignité et l’égalité".

Documents sonores :

Musique :  Léo Ferré, La mémoire et la mer

Choix musical : Anne Sylvestre, Les hormones, Simone

Archives :

  • Archive Ina du 1er janvier 1954 : Albert Camus sur la nature méditerranéenne  
  • Archive Ina de 2003 : Mohamed Arkoun développe sa pensée critique sur l’islam 

Générique : Veridis Quo des Daft Punk

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