Engagée très jeune dans la Résistance, Jacqueline Fleury-Marié a connu la torture et la déportation. À 95 ans, elle livre avec Jérôme Cordelier, un témoignage rare et précieux dans "Résistante" (Calmann-Lévy).

Jacqueline Fleury-Marié, ancienne déportée et résistante à l'Elysée le 9 décembre 2013, pendant une cérémonie de remise de décorations par le Président de la République
Jacqueline Fleury-Marié, ancienne déportée et résistante à l'Elysée le 9 décembre 2013, pendant une cérémonie de remise de décorations par le Président de la République © Maxppp / HAMILTON / POOL

Originaire de Soissons, la famille de Jacqueline Fleury-Marié avait vécu la Grande Guerre de manière "extrêmement difficile". Son grand-père avait été déporté, sa mère elle-même avait été emprisonnée alors qu'elle était adolescente. Si bien que l'arrivée des Allemands en 1940 a été "un refus" dès le début de l'occupation.

À 17 ans, Jacqueline Fleury-Marié s’engage contre l’occupant nazi dans les réseaux Défense de la France puis Mithridate, comme ses parents et son frère qu'elle appelle : "la famille du refus". Distribution de journaux et de tracts, transport de messages, recherche de caches, elle effectue de nombreuses missions de liaison et de renseignement, jusqu’à recopier une partie des plans du mur de l’Atlantique. 

Nos parents se donnent du mal pour nous préserver, mais ils ont beau faire, nous les sentons rongés par l’inquiétude. Ils suivent l’actualité avec attention ; par leur prisme strasbourgeois, ils sont très vigilants à ce qui se passe de l’autre côté du Rhin.

Elle est arrêtée et emprisonnée à Fresnes, torturée par la Gestapo, parquée dans un train de déportation, connaît l’horreur de Ravensbrück, puis l’enfer des marches de la mort dont elle revient, brisée, mais vivante. 

Sur les 1 038 résistants élevés Compagnons de la Libération par le général de Gaulle, seulement six sont des femmes, un chiffre qui est loin de représenter leur réelle part à cette lutte clandestine. 

Ce soir, dans l'Heure Bleue, rencontre avec une femme exceptionnelle qui rend hommage dans "Résistante" à toutes ses compagnes, héroïnes souvent inconnues, qui se sont sacrifiées pour leur patrie, la liberté et dont les visages continuent de la hanter. 

Pour que l’Histoire ne les efface pas. Et que les valeurs qui ont porté leur combat éclairent notre époque.

Choix musical : Sonate 14 pour piano en ut dièse de  Beethoven interprété par Bruno Leonardo Gelber

Archive du 18 juin 1940 : Appel du Général de Gaulle à la résistance 

Générique : Veridis Quo des Daft Punk 

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