Sensibiliser au désastre du système des mariages forcés et de la polygamie sur la destinée des femmes : c'est ce qu'a souhaité faire avec poésie l'écrivaine Djaïli Amadou Amal dans son dernier roman "Les impatientes" (Emmanuelle Collas), en lice pour le Goncourt. Elle est l'invitée de l'Heure bleue ce soir.

Djaïli Amadou Amal, militante féministe et écrivaine,  au Salon du Livre, le 27 mars 2017 à Paris.
Djaïli Amadou Amal, militante féministe et écrivaine, au Salon du Livre, le 27 mars 2017 à Paris. © Getty / Jean-Marc ZAORSKI / Gamma-Rapho

"Les impatientes" de Djaïli Amadou Amal, ce sont trois femmes, de 15 à 35 ans, toutes confrontées à la violence, physique et/ou psychologique, dans le mariage. 

La première Ramala, 17 ans, rêve de devenir pharmacienne et est amoureuse du meilleur ami de son frère. Elle sera cependant contrainte par sa famille à épouser un riche homme de 50 ans. 

La deuxième est sa sœur cadette, Hindou, mariée de force elle aussi le même jour à un cousin drogué et alcoolique, qui a déjà tenté de la violer et qui lui fera subir des violences à répétition dès leur nuit de noces. 

La troisième, c'est Sahira, déjà mariée à un homme qui va lui imposer, après 20 ans de vie commune, une co-épouse, qui est justement la jeune Ramala. 

Ces trois femmes vont chercher à s'opposer aux règles, au poids des coutumes fortes qui régissent la vie des femmes du Sahel, piétinant leurs rêves en leur imposant toute une série de devoirs. 

L'écrivaine Djaïli Amadou Amal, née à Maroua, dans l'extrême Nord du Cameroun (la ville où se déroule justement le récit), raconte dans ce roman une situation qu'elle a elle-même endurée. Elle fut aussi mariée, sans son consentement, à 17 ans, par ses oncles, à un riche milliardaire de 30 ans son aîné. Elle connut ensuite les violences conjugales quotidiennes avec son second mari, dont la cruauté est allée jusqu'au kidnapping des filles de Djaïli, pour punir cette dernière, qui avait fuit le domicile conjugal, épuisée par tant de brutalité. 

Elle milite ainsi avec vigueur contre ce système patriarcal et violent, dans ses ouvrages, mais aussi dans diverses associations, comme "Femmes du Sahel", qu'elle a créée en 2012 pour encourager la scolarisation des petites fille. 

Choix musical : 

  • Oumou Sangare, Seya  

Musiques : 

  • Mesdames, Grand Corps Malade 
  • Air Forces, Mustafa

Archives : 

  • Archive Ina non identifiée : Amadou Hampaté Ba à propos de sa définition de la vérité  
  • Archive Ina du 21 décembre 2016 ( extrait de la série LSD sur France Culture )  : Témoignage d’Amina ( congolaise RDC) 
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