Quand il écrit, il est heureux, cela le rend optimiste. Il écrit toujours à la main, avec un stylo à encre et pas d'ordinateur.

Orhan Pamuk répond à une question au Millenaris Culture Centre de Budapest le 20 avril 2017 lors d'une discussion sur sa vie, et ses livres 24ème Festival international du livre de Budapest .
Orhan Pamuk répond à une question au Millenaris Culture Centre de Budapest le 20 avril 2017 lors d'une discussion sur sa vie, et ses livres 24ème Festival international du livre de Budapest . © AFP / ATTILA KISBENEDEK

Le nouveau livre d' Orhan Pamuk est un roman sur la Turquie contemporaine mais pas seulement puisque le Prix Nobel de littérature rejoue l’histoire passionnée qu’il entretient avec Istanbul, à travers son personnage. Un ouvrage qui s'appelle "Cette chose étrange en moi" et est sous-titré : "La vie, les aventures, les rêves du marchand de boza Mevlut Karatas et l'histoire de ses amis tableau de la vie Istanbul entre 1969 et 2012, vue par les yeux de nombreux personnages". Au début, Orhan Pamuk voulait écrire un roman à la Dickens. Mais le problème, c'est qu'on est toujours dans le mélodrame. Il a donc privilégié l'humour au détriment des larmes avec l’histoire de cet anti-héros, Mevlut Karatas qui a beau paraître insignifiant, mais il vit, il aime, travaille, rêve, et marche. Sa passion, c'est de vendre dans les rues, de la boza, une boisson légèrement fermentée, base de millet ou de blé, aigre ou sucrée selon les goûts, plus ou moins alcoolisée (les avis varient, selon que l'on soit croyant ou pas), qui évoque dans l'imaginaire turc les steppes d'Asie centrale où ce peuple est apparu dans l'histoire.

"(...)Douze ans après s’être enfui à Istanbul avec Rayiha, par une nuit très sombre, en mars 1994, Mevlut faisait sa tournée quand il se retrouva nez à nez avec un panier qu’on avait fait descendre rapidement mais sans bruit du haut d’un immeuble. « Monsieur le marchand, monsieur le marchand, de la boza pour deux personnes ! » lancèrent des voix d’enfants. Le panier avait surgi devant lui dans le noir tel un ange descendu du ciel. L’étonnement de Mevlut tenait peut-être au fait que les Stambouliotes avaient perdu l’habitude de faire leurs achats auprès d’un vendeur ambulant en laissant descendre par la fenêtre un panier retenu par une corde. Il se souvint de l’époque où il vendait du yaourt et de la boza avec son père vingt-cinq ans auparavant, alors qu’il était collégien. Dans le récipient en émail posé au fond du panier en osier, il versa non pas deux verres, comme le lui avaient demandé les enfants, mais presque un kilo de boza. Et il se sentit aussi bien que s’il avait été frôlé par un ange. Il arrivait parfois à Mevlut d’être préoccupé par des questions religieuses, ces derniers temps.(...)". Extrait de "Cette chose étrange en moi" aux Editions Gallimard.

Orhan Pamuk au micro de Laure Adler :

Je vis à Istanbul depuis 65 ans. Au cours des 15 dernières années, il y a eu une croissance économique beaucoup plus importante que les 50 années précédentes. Mes héros bénéficient de ce développement. Mon roman commence comme un roman à la Dickens et devient le roman des villageois qui s'unissent et deviennent modernes. C'set le roman d’Istanbul en quelque sorte.

Interprète : Eliane Fresko

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